Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Band of brothers – Aussi à l’aise avec Lily Allen qu’avec Alec Empire, The Big Pink sort un premier album prometteur et se bat contre son image shoegaze.

« A Brief History Of Love »

Distribué par 4AD.

L’un, tout petit et gringalet, ne quitte jamais son perfecto. Pote de Lily Allen, il a joué de la guitare pendant un an et demi pour Alec Empire, le pionnier du hardcore digital, avant de tester les squats d’Europe de l’Est avec son groupe agressif et industriel Panic DHH.

L’autre a créé son propre label, Merok Records, par passion.  » Chassant les groupes comme d’autres traquent les papillons.  » C’est lui qui a repéré les Klaxons.  » Ils ne savaient pas jouer mais j’aimais bien ce qu’ils faisaient.  » Lui encore, qui, scout pour maison de disques à ses heures perdues, a signé The Horrors chez XL.

Robbie Furze et Milo Cordell se sont rencontrés lors du réveillon de l’an 2000. Dans ce genre de soirée un peu folle où on peut se laisser aller.  » Une espèce de rave en maison de campagne, se souvient Furze. Nos premières conversations ont tourné autour des gonzesses et de la musique. Plus qu’à un groupe, nous voulions appartenir à un gang comme les Misfits ou les Stone Roses.  » Les 2 cocos n’ont pourtant écrit leurs premières chansons et lancé leur projet commun que 7 ans plus tard. Pas avares en surprises, ils ont emprunté leur nom de scène au premier album de The Band ( Music from Bing Pink) mais ils sonnent un peu comme du Jesus & Mary Chain. Peu courant pour susciter l’intérêt de la scène rock indé, ils se sont fait passer pour gay. Posant en train de s’embrasser passionnément et de se faire des pesées.

Embrouille sonore

On le pensait fils spirituel de My Bloody Valentine. The Big Pink a les poils des bras qui s’hérissent quand on lui parle de shoegazing.  » On préfère souvent ne même pas l’évoquer dans nos interviews. Il se passe des choses dans nos chansons. Nous n’avons rien à voir avec cette musique linéaire. C’est presque insultant qu’on puisse nous coller cette étiquette à partir du moment où ce genre incarne exactement tout ce que nous ne voulons pas faire. Nous enfuyons les mélodies sous le bruit et les larsens mais nos morceaux sont bien plus accidentés. Le shoegazing est typiquement anglais. On peut tout aussi bien entendre notre mur de guitares chez Dinosaur Jr, Suicide, Phil Spector, Sonic Youth ou dans les premiers albums des Smash- ing Pumpkins.  »

Grattes saturées sur boîte à rythme hypnotique. Voix distantes et éthérées sur embrouille sonore. The Big Pink, c’est l’amour et la haine. Le Yin plus que le Yang. Et une plaque, A Brief History of Love, qui fera énormément parler d’elle dans les prochaines semaines. Cet album, enregistré à New York dans le mythique studio Electric Ladyland, produit par le duo himself, ne réinvente pas la noirceur et la déprime mais reste un bon petit disque plombé.

www.myspace.com/musicfromthebigpink

Le 03/11 à l’ AB Club (Bruxelles), le 05/11 à l’ Aéronef (Lille).

Julien Broquet

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