Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

Jean-Claude Mouton, galerie La Ruelle, 44, rue de Flandre, à 1000 Bruxelles. Jusqu’au 30/12.

Difficile de l’oublier ces derniers temps: le 9 Novembre 1989, il y a 20 ans, s’écroulait le Mur de Berlin. C’est beau un mur qui s’effondre. Surtout celui-là qui symbolisait si bien l’une de ces partitions du monde qui dressent les uns contre les autres. Les attentes étaient énormes mais que reste-t-il à l’arrivée? Pour y répondre, un détour par la rue de Flandre s’impose, qui propose l’une des réflexions les plus intéressantes sur le sujet. Loin de la commémoration ronflante et du discours idéologique, la galerie La Ruelle fait entendre la petite voix de Jean-Claude Mouton. Ce photographe français signe un travail remarquable. A la chute du Mur, pendant plus de 20 ans, année après année, il a posé son objectif sur ce rempart de béton. Le constat est effrayant: de ce symbole fort – que l’on aimerait croire terrassée par la Liberté -, il ne reste plus rien. A la façon d’un lierre qui s’appuie sur un arbre pour le vampiriser, le quotidien le plus banal recouvre aujourd’hui ce qui était le Mur de Berlin. A travers une série d’images 18 x 18 (format 6 x 6), l’exposition invite tout un chacun à réfléchir sur la fragilité du souvenir et le véritable impact d’un événement aussi puissant qu’il soit. La démarche est poussée un cran plus loin dans la mesure où, sur place, les photos sont également transformées en tampons encreur, invitant par là le spectateur à s’approprier physiquement le caractère éphémère des traces. Du mur à cette impression souvenir, on mesure l’implacable fonte de la réalité. Dans la foulée, on n’hésitera pas à pousser une pointe jusqu’au Parc Royal où, jusqu’au 26 novembre, 44 photos – imprimées sur une bâche de 100 mètres de long et d’une hauteur de 1m70 – donnent à voir le travail de Bösel et Maus, 2 photographes allemands qui ont immortalisé, en 1000 clichés, plus de 18 km du Mur de Berlin de façon continue. Le tout entretient l’illusion d’un tronçon de Mur tel qu’il était. La confrontation est d’autant plus intéressante que les images de ce dernier ont été prises à un moment où personne ne pouvait s’imaginer qu’un jour il n’existerait plus. Un intéressant croisement de perspectives.

Exposition Bösel et Maus, jusqu’au 26 novembre au Parc Royal. Elle migrera ensuite aux

Plaisirs d’Hiver, du 27/11 au 03/01.

Michel Verlinden

Partner Content