Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

Sunny side up! – Tranches de vie tendres et drôles plutôt que cours ex cathedra austère, les sculptures de Patrick O’Reilly oscillent entre pop et expressionisme.

Café Français, 43, rue Ernest Allard, à 1000 Bruxelles. Jusqu’au 31/01.

La façon dont une £uvre trouve sa place, dont elle est affectée par le changement de la lumière, les ombres créées; ce sont ces aspects-là qui donnent, à mon sens, à la sculpture beaucoup plus de possibilités qu’à la peinture. En travaillant, j’aime voir la lumière qui illumine la sculpture, je regarde constamment à quel point celle-ci est affectée par la lumière. » Orfèvre de la matière, Patrick O’Reilly se découvre comme un impressionniste de la sculpture. Cet autodidacte irlandais a vu son travail monter en puissance au cours des dernières années. Ses £uvres en trois dimensions sont exposées à travers le monde, de Berlin à Londres en passant par Paris et Athènes. Le succès s’explique aisément. Son travail n’est pas un cours d’histoire de l’art. Il évite les lourdeurs et la pompe au profit de touches pleines d’humour qui renvoient à l’enfance. Tout sauf formatées, les sculptures de Patrick O’Reilly font feu de tout bois. S’il manie le bronze, il ne s’y arrête pas pour autant.  » Bien que j’aime le bronze, il ne me permet pas toujours de traduire certaines idées que j’aimerais exprimer« , reconnaît-il avec beaucoup d’humilité. Du coup, il s’attaque aussi bien à la fibre de verre qu’à des assemblages -techniques mixtes, objets trouvés, résine, objets cinétiques à moteur, écrans télé…

Résolument optimiste

S’il fallait trouver un emblème à cette première exposition personnelle en Belgique, ce serait sans doute Marching Bear. Ce bronze représentant un ours pourvu de lunettes marchant d’un bon pas synthétise une vision optimiste de la vie. L’ombre de Barry Flanagan plane.  » Plutôt que de confronter les gens aux épreuves pénibles et à la misère du monde à travers l’Art, je préfère ne pas être un poids supplémentaire. Avec du recul, je pense qu’avec le monde, il n’y a pas de problème; étant donné qu’on ne peut tenir la nature pour responsable, pourquoi accuser alors sa forme la plus noble, à savoir la nature humaine? Ce que nous voyons comme des difficultés, c’est principalement le sillon en zigzag d’un bateau à voiles allant d’un point A à un point B. » Du coup, O’Reilly s’amuse avec les formes, comme le prouvent ses « marshmallows » qui semblent sortir du mur de la galerie. Plus loin, c’est un arbre greffé d’un soleil qui restitue tout l’éclat d’un dessin d’enfant et des petites voitures qui disent un monde moins impitoyable qu’il n’y paraît.

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