Myriam Leroy
Myriam Leroy Journaliste, chroniqueuse, écrivain

20.00 BE 1

ANIMé PAR OLIVIER MONSSENS. EN CLAIR.

Dans le P.A.B.F. (paysage audiovisuel belge francophone), Olivier Monssens fait un peu figure de dernier des Mohicans. Il est sans doute l’un des seuls journalistes qui jouit du luxe d’avoir un invité pour lui tout seul pendant près d’une heure trente, et de pouvoir préparer l’entrevue en profondeur. Comme jadis, quand n’avait pas encore fleuri la mode des junkets, sortes de speed datings impersonnels où la star accorde 10 minutes montre en main à son interlocuteur, ou pire, tables rondes où il faut se battre pour poser une malheureuse question. « Mes invités me disent souvent: »C’est dingue! Vous avez lu mon livre! » En France, les journalistes regardent à peine la quatrième de couverture. Je me nourris de tout ce que je peux trouver sur la personnalité que je rencontre, je m’en imprègne. Ca met les gens en confiance, ils se livrent alors plus facilement. «  Jacques Attali avait récemment quitté le plateau de Ruquier fâché que personne n’ait lu son rapport en entier. Ce soir, il est l’invité d’ Al Dente. « J’ai parfois peur que les gens très cérébraux limitent la conversation à ce qu’ils font plutôt que de l’ouvrir à ce qu’ils sont. Ce qui m’intéresse, plus que le parcours, c’est la personnalité de celui que j’ai en face de moi. Ici, on a parlé de son actualité, du microcrédit et de la crise financière, bien sûr. Mais aussi de ses amitiés, de ses relations, sa judéité… Ma monteuse m’a fait plaisir: elle m’a dit qu’elle n’avait jamais vu Attali sous cet angle-là. Lui-même me confiait pendant le repas ( Al Dente se passe autour d’une table, NdlR) qu’il détestait son image d’arrogant prétentieux. « 

FRANK MICHAEL VS DE GAULLE

Chaque semaine, Olivier Monssens cuisine un invité différent et pratique le grand écart avec une aisance remarquable. Qu’il s’installe dans l’ambiance feutrée d’un grand resto avec une chanteuse ou au fast-food avec Benoît Poelvoorde, l’air de ne pas y toucher, il suscite la confidence avec la même efficacité. Ses maîtres-mots: hétérogénéité, « et rigueur, qu’on parle de Frank Michael ou de de Gaulle. » La diversité, elle est aussi dans son agenda. Il s’invite chaque matin chez Thomas Van Hamme sur VivaCité, tâte du micro sur Classic 21, scénarise des émissions de télé (on lui doit par exemple la Spéciale Saint-Valentin de La Une – lire page 76), et réalise des documentaires. Déjà vus: un film sur Marcel De Keukeleire, Plastic Bertrand, et Marc Aryan. Monssens a d’autres projets dans la besace: un docu sur Philippe Geluck, « il a accepté de m’ouvrir certaines portes », et un rêve qu’il a en tête depuis des années, un film sur la radio. Grand écart, qu’on disait.

Myriam Leroy

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