Myriam Leroy
Myriam Leroy Journaliste, chroniqueuse, écrivain

Le jour le plus long. Déjà 144 épisodes que Jack Bauer s’échine à sauver les Etats-Unis. Rien ne lui a été épargné. Pas même une sixième saison très faible.

Une série de la Fox. Avec Kiefer Sutherland, James Cromwell, Mary Lynn Rajskub. Coffret 7 DVD. édité par 20th Century Fox Home Entertainment.

Il a déjà tout vécu, Jack Bauer. Et il a survécu. A l’enlèvement de sa fille, la mort de sa femme et de quelques-uns de ses plus fidèles compagnons, aux tortures les plus cruelles… Et aujourd’hui, il va mourir. Son assassinat a même été avalisé par le président américain Wayne Palmer (frère de feu David, emblématique président noir qui aurait défriché – dans les consciences – le chemin vers la Maison Blanche pour Barack Obama). Rétroactes.

Depuis onze semaines, une vague d’attentats sans précédent frappe les Etats-Unis. Ses victimes se comptent par centaines, et le pays vit dans un climat de paranoïa généralisée. On ne sait pas qui sont les terroristes, ni ce qu’ils veulent. C’est peut-être le voisin? L’Arabe qui n’a jamais semblé très net, qui ne disait jamais bonjour. Ou l’épicier? Ce conducteur de bus? La cellule antiterroriste de Los Angeles a bien sa petite idée sur la question. L’instigateur de ces attaques serait un dénommé Assad. Un certain Fayed se propose d’en donner la localisation. L’indic ne travaille pas gratuitement, il propose un marché à la CTU: l’info contre la vie de Jack Bauer, ancien agent antiterroriste qui croupît dans une geôle de l’Empire du Milieu depuis la mort d’un haut responsable chinois. Fayed et Bauer ont un léger contentieux: le second aurait tué le frère du premier il y a plusieurs années, lors d’un interrogatoire musclé dont le héros de 24 heures chrono a le secret. Le président négocie au prix fort la libération de Bauer: le livrer à Fayed semble être la seule solution pour faire tomber Assad. Et voilà que débarque sur le sol américain un homme brisé par la détention, qui n’a prononcé aucun son depuis 2 ans, le tif en bataille, la barbe drue: un animal.

Patriote, l’ours: il accepte la mission-suicide que son pays lui confie, et ne nourrit pas de ranc£ur envers celui qui l’a livré aux autorités chinoises en échange d’une paix diplomatique toute relative.

Décevant

Voilà comment débute cette sixième saison de 24 heures chrono. La dernière en date. La plus décevante, et de loin. A partir de ce point d’ancrage, elle s’éparpille dans tous les sens, comme si les auteurs n’avaient finalement pas trouvé assez de souffle dans l’idée première pour la faire tenir 24 épisodes. Or, l’une des grandes forces de 24 heures chrono, ce qui contribuait à lui donner un côté addictif, c’était justement une certaine unité de propos, un point de convergence plutôt que dix lignes de fuite. Ce volet serait vraiment dispensable s’il n’introduisait dans la galaxie 24 un méchant particulièrement charismatique, interprété par James Cromwell – vu dans Larry Flynt, dans The Queen, et à l’affiche de W. dans le rôle de Bush père.

En attendant une saison 7 (la dernière?) particulièrement léchée – sa diffusion a été reportée à janvier 2009 pour peaufiner son intrigue -, on se refera la première et la seconde. Les 48 épisodes les plus percutants, les plus novateurs (à l’époque, on fut décoiffé par cet écran éclaté, cette évolution de l’histoire en temps réel et cet habillage sonore reconnaissable entre tous), les plus passionnants. Même si les scènes de torture gore lassaient déjà, et que la morale de type « la fin justifie toujours les moyens » laissait quelquefois perplexe.

Les 6 saisons complètes de 24 heures chrono sont aussi en vente dans un gros coffret de 42 DVD, édité par 20th Century Fox Home Entertainment.

Myriam Leroy

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