La Foire du livre se fait Semaine: plus « cosy », à taille humaine et basée sur la rencontre

Le choix de la galerie Bortier est hautement symbolique. Depuis 1848, elle a toujours été attachée aux livres et imprimés. © DR
Olivier Van Vaerenbergh
Olivier Van Vaerenbergh Journaliste livres & BD

Si elle a été contrainte d’annuler son édition 2022, elle n’abandonne ni ses missions ni le terrain: du 13 au 20 mars, la Foire du livre se réinvente à la galerie Bortier, au pied du Mont des Arts. Sans exposants, mais débordante d’activités.

C’est un exploit logistique et organisationnel qui exigera encore beaucoup de nuits blanches jusqu’au jour J de la part de la petite équipe de la Foire du livre, mais le challenge en vaut sans doute la chandelle. Moins de trois mois après avoir été contrainte d’annuler son édition 2022 par crainte du Covid, et un an après une édition 2021 qui fut virtuelle, la Foire se réinvente une nouvelle fois en intégrant la Semaine du livre, organisée sur les ondes de la RTBF pour promouvoir le secteur du livre et ses auteurs.

Pour ce faire, elle s’installe dans la galerie Bortier, à deux pas de la gare Centrale, où seront organisés, dix jours durant, des dédicaces, débats, rencontres, expositions, ateliers, lectures et remises de prix, ouverts à tous et gratuitement, dans le respect des règles sanitaires. Une Semaine littéraire plus « cosy », à taille humaine et basée sur la rencontre, qu’il ne faut donc pas confondre avec la « vraie » Foire du livre et sa kermesse d’exposants. Cette Semaine aurait d’ailleurs pu s’appeler « Ceci n’est pas une Foire du livre » – il en a été question.

La Foire sera toujours présente partout où l’occasion se présentera de mettre en lumière le rôle essentiel des acteurs du livre.

Plus de contacts, moins d’exposants

« La Foire n’aura malheureusement pas lieu cette année. Mais l’asbl continue de déployer ses activités à l’année pour faire la promotion du livre et de la lecture, assure Marie Noble, commissaire générale de l’événement. Et ici, c’est un rendez-vous qui fait sens: la mission première de la Foire du livre de Bruxelles est de promouvoir le livre et le plaisir de la lecture comme biens culturels. Partout où l’occasion se présentera de mettre en lumière le rôle essentiel des acteurs du secteur, et ainsi contribuer à faire rayonner la diversité de la production éditoriale nationale et internationale, la Foire sera présente. La Semaine du livre entrant dans ce cadre, il était tout naturel pour nous d’y participer pleinement. »

La commissaire générale de la Foire du livre, Marie Noble, a réussi une nouvelle fois, et en trois mois, à réinventer l'événement.
La commissaire générale de la Foire du livre, Marie Noble, a réussi une nouvelle fois, et en trois mois, à réinventer l’événement.© DR

Le coup d’envoi sera donné le dimanche 13 mars par Dominique Goblet et Elene Usdin, deux autrices qui débattront sur le thème du corps, suivies par Antoine Wauters qui présentera son nouvel ouvrage, Le Musée des contradictions. Dès le lendemain, le public pourra découvrir deux expositions créées dans le cadre du festival Picture! (dont l’une consacrée à la technique d’impression dite de « risographie »), des ateliers d’écriture et de création artistique, une fresque participative, une série d’échanges et de rencontres, ainsi que des remises de prix littéraires, du prix Première au prix Polar de la Foire – le tout se clôturant le dimanche 20 mars avec une journée dédiée au Neuvième Art. Outre la présence de nombreux microéditeurs, un atelier créatif sera ouvert aux… 70 ans et plus. Ceux-ci formeront des binômes avec des participants plus jeunes, chargés de raconter leur histoire. Le projet participatif Brussels City of Stories prendra également ses quartiers dans la galerie Bortier pour récolter des anecdotes de Bruxellois vécues dans les transports en commun. Une mémoire collective et en mouvement qui, par la suite, fera l’objet d’un véritable « festival d’histoires » qui se déploiera dans toutes les stations de la Stib. A noter que la Maison du livre de Saint-Gilles accueillera également des rencontres et débats, axés cette fois sur les nouveaux visages du féminisme.

La Foire du livre se fait Semaine: plus
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Le choix de la galerie Bortier comme axe principal de cette Foire du livre qui n’en sera pas tout à fait une est hautement symbolique. Passage couvert et sous verrière moins connu que les galeries Ravenstein, Horta ou royales avoisinantes, elle est depuis toujours (soit 1848) attachée aux livres et imprimés, et abrite encore la plus forte concentration de libraires à Bruxelles, spécialisés dans les livres rares, de collection et la seconde main, mais aussi dans la microédition contemporaine – on peut ainsi y trouver deux distributeurs automatiques de blow books, des ouvrages de la taille d’un paquet de cartes. Le tout au pied du Mont des Arts, entre la gare Centrale et la Bibliothèque royale, à un moment où la galerie elle-même se cherche un avenir: propriété de la régie foncière pour le compte de la Ville de Bruxelles, la galerie Bortier a récemment lancé un appel d’offres pour l’occupation de sa salle d’exposition et d’un local disponible depuis des années. Local et salle d’exposition qui seront donc, dans un premier temps, dédiés à la Semaine du livre et à la Foire, qui pense déjà à son édition 2023 et à un retour à la normale… Mais qui ne pourra plus se faire, non plus, sur le site de Tour & Taxis, tourné désormais vers d’autres activités.

A la galerie Bortier, à Bruxelles, du 13 au 20 mars, entrée gratuite.

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