Critique | BD

Les Pizzlys, chef-d’oeuvre optimiste de Jérémie Moreau

4,5 / 5
© National

Jérémie Moreau, éditions Delcourt

Les Pizzlys

198 pages

4,5 / 5
Olivier Van Vaerenbergh
Olivier Van Vaerenbergh Journaliste livres & BD

Avec Les Pizzlys, Jérémie Moreau signe un conte écolo qui transforme la fin du monde en grand bouillonement positif.

Dans le nouvel ouvrage de Jérémie Moreau, le Parisien Nathan, orphelin depuis peu, enchaîne les courses Uber pour tenter de survivre avec ses jeunes frère et sœur. Une voie toute tracée au GPS vers le burn out et l’abîme qu’un accident va soudain faire dévier: Nathan rencontre Annie, qui, elle, retourne après 40 ans dans son Alaska natal, et propose à Nathan, Zoé et Étienne de l’y accompagner. Histoire de renouer avec la nature, qui elle aussi est en plein bouleversement: “Les oies ne savent plus quand partir. Les caribous changent de route chaque année. Les saumons se perdent dans le brouillard des eaux troubles. Les ours changent de couleur. Va donc t’y retrouver si même ceux qui savent sont perdus.” À l’image du pizzly, hybridation d’un ours polaire et d’un grizzly, né avec le réchauffement climatique…

Mais Jérémie Moreau, en plus d’être décidément l’un des plus grands artistes de sa génération, a aussi le bon goût de transformer son éco-anxiété en chef-d’œuvre finalement optimiste: “Ce chaos est tout l’inverse d’une fin du monde. C’est un grand bouillonnement, une immense redéfinition de toutes choses… Le passage d’un monde à l’autre.” Un conte écolo, un récit admirablement narré, et une prouesse technique réalisée dans une quadrichromie avec magenta fluo donnant des allures de risographie à ce grand album. À offrir et s’offrir.

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