Critique | Cinéma

Le film de la semaine | Ernest et Célestine : le Voyage en Charabie

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© cinéart
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Titre - Ernest et Célestine: le Voyage en Charabie

Genre - Animation

Réalisateur-trice - Jean-Christophe Roger & Julien Chheng

Casting - Avec les voix de Lambert Wilson, Pauline Brunner

Durée - 1h20

Nicolas Clément
Nicolas Clément Journaliste cinéma

Joie: Ernest et Célestine reviennent pour une nouvelle aventure cinématographique presque aussi enthousiasmante que la précédente!

Merveilleuse série de livres illustrés pour enfants née au début des années 80 de l’imagination de l’autrice belge Gabrielle Vincent, Ernest et Célestine avait déjà vu son univers faire l’objet d’une adaptation cinématographique il y a dix ans de cela. Réalisé par Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier, le film, fondant à souhait, avait connu un succès cent fois mérité avant d’être décliné en série télévisée sous la houlette de Julien Chheng et Jean-Christophe Roger. Ces deux réalisateurs expérimentés sont aujourd’hui aux commandes d’un nouveau long métrage animé qui éprouve la solidité de l’improbable amitié unissant Ernest, le gros ours tendre, à Célestine, la petite souris.

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S’ouvrant sur une séquence de rêve qui annonce assez limpidement les accents kafkaïens à la Brazil de l’aventure à suivre, le film s’invite chez Ernest et Célestine alors qu’ils n’ont plus un sou et, surtout, plus rien à manger. Il s’agit donc pour eux de se bouger et d’aller jouer de la musique en ville, mais Célestine trébuche dans les escaliers et casse le violon d’Ernest, un Stradivariours rare qu’il possède depuis toujours. Une seule personne peut le réparer: le luthier Octavius, qui habite en Charabie, le pays natal d’Ernest dont la devise hyper conservatrice tient en quelques mots: “C’est comme ça, et pas autrement!” Découvrant notamment sur place que la musique y est injustement bannie depuis plusieurs années, Ernest et Célestine vont alors, à l’aide d’un mystérieux justicier masqué, tenter de ramener la joie au pays des ours

© National

La note juste

Comme il y a dix ans, dans le premier Ernest et Célestine, ce Voyage en Charabie trouve la note juste et l’équilibre parfait entre poésie et inquiétude, tendresse enfantine et considérations plus adultes, voire carrément politiques. Porté par une fantaisie doucement perchée, le film, appel vibrant et à peine voilé à la désobéissance civile, célèbre le pouvoir émancipateur de la musique et de la danse face à la violence et à l’absurdité des dérives totalitaires qui menacent certains systèmes où l’interdit et l’intolérance font loi.

Mais le nécessaire message pédagogique et libertaire ne prend heureusement jamais le pas sur l’enchantement visuel et narratif qui caractérise ce film drôle et malin où la meute ridicule de flics imbéciles s’agitant en tous sens renvoie avec malice, et sans guère d’équivoque possible, à celle présidant aux épisodes de la série télévisée Sherlock Holmes d’Hayao Miyazaki, véritable petit chef-d’œuvre animé des années 80. Avec Ernest et Célestine, le rire et la réflexion ne s’excluent jamais, au contraire: ils avancent main dans la main. C’est comme ça, et pas autrement!

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