Critique | Musique

L’album de la semaine : Sod’s Toastie, de The Cool Greenhouse

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© DR
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Album - Sod's Toastie

Artiste - The Cool Greenhouse

Genre - Rock

Label - Melodic

Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Les post-punks anglais de The Cool Greenhouse passent le cap du deuxième album haut la main. Attention la fessée…

C’est bien connu, l’Histoire de la musique fonctionne tout en tendances et en cycles, en allers-retours et en boucles. Avec tous les disques, les groupes, les vagues même de post-punk et de sprechgesang qui déferlent -en majeure partie venus d’Angleterre- sur l’industrie du rock ces dernières années, certains ont fini par en avoir ras-le-bol. Par succomber à l’overdose. Le parlé chanté ne domine pas que le monde du rap. Il flirte aussi en permanence avec les guitares. Et même quand on ne comprend pas un traitre mot de ce que ces jeunes gens racontent, on peut aisément faire le tri. Comme diraient Les Inconnus, il y a le bon et le mauvais post-punk… Et celui de The Cool Greenhouse a le don de taper dans le mille.

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The Cool Greenhouse mérite mieux qu’une oreille distraite. The Cool Greenhouse est un groupe secoué et intrépide. Une bande d’explorateurs sonores comme ils se définissent eux-mêmes bien plus drôles que la plupart de leurs pairs. Contagieux, Tom Greenhouse et ses potes ont débarqué sans prévenir au printemps 2020 dans un monde confiné avec un premier album qui compilait leurs meilleurs morceaux en quatre ans. Hype? Les mecs ont tapé dans l’oreille d’Henry Rollins, qui leur a commandé un disque avant de le glisser dans les playlists de son émission de radio. Mais à l’heure d’écrire ces lignes, ils ne comptaient toujours sur Spotify que 29 657 auditeurs par mois et n’avaient même pas encore droit à leur page Wikipedia. Sod’s Toastie a de quoi changer la donne. Les lascars y reviennent avec plein d’idées. Des morceaux immédiats et accrocheurs, des textes surréalistes et pince-sans-rire. De vrais accords et même des apitos (le sifflet de la samba), des saxophones et des bongos.

© National

Musicians se termine en mode afrobeat. Hard Rock Potato les rapproche d’un Yard Act avec son côté catchy. Là où YOLH pourrait pratiquement être un morceau de Baxter Dury. Ces petits frères turbulents de The Fall s’émancipent de feu Mark E. Smith, ouvrent le spectre et signent même un single aussi irrésistible que posé avec le répétitif et entêtant I Lost My Head.

Équipé de tout son sens de l’humour et de l’autodérision, Greenhouse dissèque la vie mondaine et s’en prend au capitalisme. Il s’intéresse aussi désormais aux ovnis tel un Frank Black des Temps modernes. Spinal Tap dans l’espace… Sur Sod’s Toastie, on croise The Neoprene Ravine, la version alien du Velvet Underground et un Lou Reed extraterrestre. Alors bon, d’accord, c’est vrai, la pochette avec ses couleurs criardes est vraiment dégueulasse. Mais ça ne nous a jamais empêchés d’écouter et d’acheter un disque. Surtout quand il est de cette redoutable qualité.

Le 31/01 à l’Aéronef (Lille) et le 17/02 au Botanique (Bruxelles).

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