Critique | Séries/Télé

La série de la semaine: Andor, la galaxie d’en bas

3 / 5
© disney+
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Titre - Andor

Genre - Science-fiction

Réalisateur-trice - Tony Gilroy

Quand et où - Disney+

Casting - Avec Diego Luna, Kyle Soller, Adria Arjona

Nicolas Bogaerts Journaliste

Nouvelle série de la constellation Star Wars, Andor déploie son récit épique à hauteur d’homme. Avec pas mal de lourdeurs.

Rogue One, film insert glissé en 2016 entre les deux premières trilogies Star Wars, retraçait la mission rebelle ayant dérobé les plans de l’Étoile de la Mort. Cassian Andor (Diego Luna, Narcos: Mexico), qui dirigeait le commando de l’Alliance, est à son tour au centre d’une série prequel, également dirigée par Tony Gilroy. Elle se situe cinq ans avant les événements du film, et suit l’élévation d’Andor en héros révolutionnaire, ennemi de l’Empire galactique.

Maraudeur habille, Cassian est surtout empreint d’un spleen abyssal, au grand dam de sa mère adoptive, Maarva (Fiona Shaw), de leur robot domestique B2EMO et de son ex, Bix Caleen (Adria Arjona), mécanicienne au caractère bien trempé. C’est qu’il est obsédé par la disparition de sa sœur Kerri, avec qui il a grandi sur la planète Karnis. Alors qu’il écume les claques pour la retrouver, il se fait apostropher par deux rustauds employés de Pre-Mor, puissante guilde de commerce. Il tue le premier en légitime défense et le second, devenu témoin gênant, de sang-froid. Ce qui lance sur ses traces l’adjoint à la sécurité de Pre-Mor, l’ambitieux Syril Karn (Kyle Soller), au moment où Cassian tente de revendre au marché noir une importante pièce de navigation appartenant à l’Empire. Il entre en contact avec le mystérieux Luthen Rael (Stellan Skarsgård) qui lui propose de rejoindre la rébellion.

© National

Fidèle à l’entreprise des séries Star Wars de revisiter les codes traditionnels des fictions de genre autant que sa propre ligne du temps, Andor puise dans des éléments de sci-fi mais surtout de thriller politique et d’espionnage. Les mésaventures de Cassian rejoignent les tribulations entourant la création de l’Alliance sous l’impulsion de Mon Mothma (Genevieve O’Reilly), entrecoupées de flash-back sur son enfance. Avant de prendre un coup d’accélérateur au quatrième épisode, la série explore avec une lenteur parfois coupable un versant plus complexe et sombre des protagonistes de l’Empire naissant. Celui des contre- allées, des intrigues de seconds couteaux, préférées aux mythologies et à la mystique Jedi. L’option de montrer là une forme de “galaxie d’en bas” est louable en soi, mais ressemble parfois à un exercice un peu superficiel. En revanche, l’épaisseur et la complexité des personnages sont palpables et les dialogues ne sonnent pas aussi creux que ceux d’Obi-Wan Kenobi. Une réussite en soi. Arborant une narration ambitieuse, une atmosphère dense et potentiellement électrisante, Andor leste ses questionnements politiques de quêtes existentielles parfois encombrantes, sans transiger sur une action spectaculaire.

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