Critique | Musique

David Bowie : un coffret deluxe pour raconter sa période Hunky Dory

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© DR
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Album - Divine Simmetry

Artiste - David Bowie

Genre - Rock

Label - Warner

Philippe Cornet
Philippe Cornet Journaliste musique

Ce coffret Deluxe explore démos, prises live et chansons originales de Bowie période Hunky Dory, album paru avant le triomphe de Ziggy Stardust.

Dans la foulée de l’impressionnant documentaire Moonage Daydream, ce coffret Deluxe de quatre CD et un Blu-ray (la version vinyle paraîtra en 2023) explore la production de l’artiste anglais autour d’Hunky Dory, sorti à la mi-décembre 1971. Après avoir essayé, sans succès, de s’immerger dans la pop et le rhythm’n’blues sixties, David Bowie décroche à l’automne 1969, un numéro 5 solo en Grande-Bretagne avec Space Oddity inspiré par 2001 et l’objectif Lune. Mais comme The Man Who Sold the World paru en 1970, l’album Space Oddity, est un sec échec commercial. Alors, réfugié avec sa femme américaine, Angie, dans un vaste manoir XIXe proche de Londres, Haddon Hall, Bowie compose l’essentiel de Hunky Dory. D’un trip promo US, il tire trois titres aux thèmes sans équivoque: Song for Bob Dylan, Andy Warhol et ce Queen Bitch aux dissonances bruitistes inspirées du Velvet. À Haddon Hall -ça baise en groupe, ça se défonce large-, Bowie construit son génie durable au moins sur cinq des futurs onze morceaux de Hunky Dory: Changes, Oh! You Pretty Things, The Bewlay Brothers, Kooks et l’insubmersible Life on Mars? Outre le remastering de l’album original en Blu-ray, daté de 2015, le box propose quatre CD à explorer. À noter que Hunky Dory, bien accueilli par la presse à sa sortie, ne rentrera dans les charts anglais, jusqu’à une glorieuse troisième place, qu’après l’avènement de Ziggy.

© National

Scrapbook

Le premier disque du coffret, essentiellement composé de démos et de raretés, permet de mesurer la distance entre les maquettes initiales et les morceaux au final, cosignés par le coproducteur Ken Scott. Même si les pistes de travail de David ont déjà parfois l’essentiel du jus, par exemple Quicksand, Scott et le guitariste Mick Ronson rajoutent au répertoire de la profondeur, de l’emphase, du velours. Sur Life on Mars?, le piano de Rick Wakeman et les arrangements de cordes de Ronson décuplent le triomphalisme original. Pour les bowiephiles et les anthropologues du rock, l’intérêt est aussi dans les deux CD partagés en autant de sessions: l’une pour le programme radio de Bob Harris, en mai 1972, quelques mois après la parution de Hunky Dory, et l’autre pour John Peel, enregistré en public une année auparavant. Avantage à Peel -plébiscité par l’audience- introduisant chaque titre avec son insatiable humour. Le son de ce doublé BBC est remarquable et expose un Bowie en contrastes: dans le cinglant Amsterdam de Brel comme dans une vorace reprise de… Chuck Berry. La captation de ces moments essentiels du parcours de Bowie se complète par l’inclusion au coffret de deux livres: un scrapbook ultra soigné et la reproduction du carnet de notes de l’artiste, tous deux vissés à l’époque. Et quelle époque!

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