S'attaquer au mythe Romain Gary n'était pas chose aisée pour Myriam Boyer. L'actrice et comédienne, souvent confinée aux seconds rôles sur grand écran, a décidé d'adapter elle-même, pour la télévision, La vie devant soi, prix Goncourt 1975 octroyé au grand écrivain... écrivant alors, à l'insu de tous, sous le pseudonyme d'Emile Ajar. Ce Goncourt, le diplomate l'avait déjà raflé, près de vingt ans plus tôt, pour Les racines du ciel: un tour de passe-passe qui fit assurément entrer Romain Gary dans la légende de la littérature.

La vie devant soi, roman aux accents douloureusement enfantins, est une superbe fable contant les aventures de Momo, jeune garçon arabe recueilli depuis son plus jeune âge par Madame Rosa, une vieille dame rescapée d'Auschwitz, la seule mère qu'il ait jamais eue... Un substitut de maman avec qui Momo vit une relation à la fois douce et tumultueuse.

Ce personnage de Rosa, Myriam Boyer, qui a connu personnellement Gary, l'avait déjà endossé sur les planches. Elle fut d'ailleurs récompensée par un Molière pour cette prestation unanimement saluée. Malheureusement, du théâtre à l'écran, le chemin s'est manifestement révélé trop escarpé pour cette excellente comédienne, par ailleurs maman de Clovis Cornillac. Adaptant et réalisant elle-même ce téléfilm, Boyer ne manque certes pas de bonnes intentions, mais a la caméra aussi lourde que le trait, malgré une prestation personnelle assez convaincante. Le reste du casting, mal dirigé ou mal choisi, peine à crédibiliser cette histoire simple et sensible d'enfants de putains abandonnés, mise en images sans rythme et sans saveur. Dommage, même si la tâche, il faut bien le reconnaître, n'avait rien d'évident.

La vie devant soi, 20.40 sur Arte.
Téléfilm de Myriam Boyer, avec Myriam Boyer, Julie Soster, Eddie Rahaingo.

Guy Verstraeten

S'attaquer au mythe Romain Gary n'était pas chose aisée pour Myriam Boyer. L'actrice et comédienne, souvent confinée aux seconds rôles sur grand écran, a décidé d'adapter elle-même, pour la télévision, La vie devant soi, prix Goncourt 1975 octroyé au grand écrivain... écrivant alors, à l'insu de tous, sous le pseudonyme d'Emile Ajar. Ce Goncourt, le diplomate l'avait déjà raflé, près de vingt ans plus tôt, pour Les racines du ciel: un tour de passe-passe qui fit assurément entrer Romain Gary dans la légende de la littérature. La vie devant soi, roman aux accents douloureusement enfantins, est une superbe fable contant les aventures de Momo, jeune garçon arabe recueilli depuis son plus jeune âge par Madame Rosa, une vieille dame rescapée d'Auschwitz, la seule mère qu'il ait jamais eue... Un substitut de maman avec qui Momo vit une relation à la fois douce et tumultueuse. Ce personnage de Rosa, Myriam Boyer, qui a connu personnellement Gary, l'avait déjà endossé sur les planches. Elle fut d'ailleurs récompensée par un Molière pour cette prestation unanimement saluée. Malheureusement, du théâtre à l'écran, le chemin s'est manifestement révélé trop escarpé pour cette excellente comédienne, par ailleurs maman de Clovis Cornillac. Adaptant et réalisant elle-même ce téléfilm, Boyer ne manque certes pas de bonnes intentions, mais a la caméra aussi lourde que le trait, malgré une prestation personnelle assez convaincante. Le reste du casting, mal dirigé ou mal choisi, peine à crédibiliser cette histoire simple et sensible d'enfants de putains abandonnés, mise en images sans rythme et sans saveur. Dommage, même si la tâche, il faut bien le reconnaître, n'avait rien d'évident. La vie devant soi, 20.40 sur Arte. Téléfilm de Myriam Boyer, avec Myriam Boyer, Julie Soster, Eddie Rahaingo.Guy Verstraeten