La nouvelle production du créateur de La casa de papel est une course-poursuite dans les îles Canaries, jalonnée de sang et de flash-back, dans laquelle trois prostituées nommées Coral, Wendy et Gina tentent d'échapper à leur mac. Patron du club où elles tapinaient, Romeo revenait juste des funérailles de sa femme quand il s'en est pris violemment à Gina à cause de ses velléités de départ. Wendy et Coral ont sauté dans la mêlée et, au terme d'une bagarre rageuse, l'ont laissé pour mort. Craignant ses représailles et celles de Moisés et Christia...

La nouvelle production du créateur de La casa de papel est une course-poursuite dans les îles Canaries, jalonnée de sang et de flash-back, dans laquelle trois prostituées nommées Coral, Wendy et Gina tentent d'échapper à leur mac. Patron du club où elles tapinaient, Romeo revenait juste des funérailles de sa femme quand il s'en est pris violemment à Gina à cause de ses velléités de départ. Wendy et Coral ont sauté dans la mêlée et, au terme d'une bagarre rageuse, l'ont laissé pour mort. Craignant ses représailles et celles de Moisés et Christian, ses hommes de main, elles filent sur les routes de Tenerife à la recherche d'une issue de secours. Dans leur cavale, outre échapper à leurs bourreaux, elles tentent de composer avec un passé et un présent en dents de scie. Álex Pina et Esther Martínez Lobato déploient la panoplie des personnages archétypaux rodée dans La casa de papel: Coral (Verónica Sánchez), ancienne biologiste qui pensait avoir trouvé une planque idéale dans le plus vieux métier du monde, est la sophistiquée, la calculatrice. Gina (Yany Prado), débarquée de Cuba avec tous les rêves prêtés aux gosses pauvres de l'hémisphère Sud, est l'innocence bafouée, enchaînée à une dette envers Romeo l'exploiteur usurier. Pareil pour Wendy (Lali Espósito), qui a quitté son bidonville de Buenos Aires et pensait trouver dans le trafic d'êtres humains la preuve de l'amour qu'elle porte à sa petite amie. Ces trois personnages en quête de hauteur agrémentent leur fuite insulaire d'une gouaille pimentée et d'un dilemme moral sur le prix à payer pour leur liberté: vaut-elle la peine de tuer? La question est d'autant plus surprenante que la frontière entre le bien et le mal semble tracée dès les premières scènes et les salauds bien identifiés. Le sang qui gicle en abondance a tendance à brouiller les pistes et bien vite, Sky Rojo, qui zigzague entre divertissement tapageur et récit d'émancipation, mord la double ligne du film de sexploitation et du pulp. Ses images mordorées offrent une cinématographie de western sirocco à un scénario qui fait le coup de poing quasi permanent. La série utilise non des ficelles mais des câbles empruntés à Tarantino, au risque de brouiller les pistes de ses variations thématiques sur les conditions d'entrée et de sortie de la prostitution. Sky Rojo, qui renvoie au skaï rouge recouvrant les canapés du bordel et les fauteuils de la décapotable des fugitives, est sauvé de ses propres artifices par ses trois interprètes principales, qui livrent une prestation énergique et restent soigneusement à la lisière du too much que leur impose le récit.