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David Simon poursuit son travail ethnographique dans le downtown New York des années 70, et scrute l'émergence de l'industrie pornographique dans les marges de la prostitution, de la pègre et des nuits qui sentent la poudre. Il en tire la matière d'une analyse patiente de la misogynie et de l'exploitation, bien aidé par un casting aussi somptueux que pléthorique, d'où émergent James Franco (Vincent et Frankie Martino, jumeaux que tout oppose) et Maggie Gyllenhaal (Eileen "Candy" Merrell), qui tient probablement là l'un de ses plus plus beaux rôles. Cet ex-prostituée miraculée de la saison 1 poursuit son ascension dans le porno, désormais en tant que réalisatrice et productrice, mais a-t-elle toutes les cartes en main? Après une première saison soul et funk, la disco et le punk font leur entrée au générique. Après l'émotion suscitée par sa série bonheur surprise P'tit Quinquin, Bruno Dumont offre une deuxième saison à cette comédie humaine aux confins de Jérôme Bosch et Ettore Scola. "Grossir le trait pour interroger le regard", dit le réalisateur de La Vie de Jésus. Qu'on en juge: Quinquin, désormais prénommé Coincoin, et les gendarmes Roger Van der Weyden et Rudy Carpentier se retrouvent pris dans une aventure aussi folle que policière après la découverte d'un magma extraterrestre. Ça promet. Réalisateur pour la première saison de True Detective, Cary Fukunaga réunit Emma Stone, Jonah Hill et Justin Theroux dans cette adaptation d'une série norvégienne. Stone et Hill incarne deux patients d'un hôpital psychiatrique aussi bizarroïde qu'eux, lieu d'expérience d'un docteur persuadé de pouvoir "résoudre les problèmes de l'esprit". Depuis la fin de The Leftovers, Justin Theroux n'a pas encore connu de retour marquant. Sa prestation est certainement très attendue, mais sans doute pas autant que l'improbable duo Emma Stone/Jonah Hill, ce dernier arborant un physique passablement amaigri et maladif. Mêlant de multiples vies imaginaires, de rêves héroïques en cauchemars glaçants, cette contre-utopie se fond dans un patchwork stylistique qui promet bien des surprises. Comment rendre la perfidie et la lâcheté télégéniques? C'est le défi réussi par Jesse Armstrong (Veep) dans cette série centrée sur un empire de presse détenu par une famille dysfonctionnelle, à la tête de laquelle le patriarche retraité Logan Roy a placé son fils incompétent, scruté par ses frères et soeurs impatients de palper l'héritage. Variation sur Le Roi Lear et la vie de Rupert Murdoch, Succession offre un pamphlet acerbe sur la comédie du pouvoir, nanti d'un casting où trône Brian Cox. Présentée à la première édition de CanneSeries au printemps dernier, au moment même de sa première diffusion aux États-Unis, Killing Eve porte la marque de sa créatrice, Phoebe Waller-Bridge. Dans un grand éclat de rire sardonique, l'actrice et réalisatrice anglaise, à qui le monde ne pourra jamais être assez reconnaissant de lui avoir offert la série comique/caustique Fleabag, poursuit ici son exploration de la condition féminine à travers une irrésistible histoire d'espionnage. Killing Eve rassemble Sandra Oh (Dr. Yang dans Grey's anatomy) et la jeune Jodie Comer. La première est Eve, analyste américaine pour les services secrets anglais, quinqua en bore-out qui rêve de terrain et d'action. D'atroces circonstances vont la lancer aux trousses de Villanelle (Comer), froide et vicieuse tueuse à gages qui va se retourner contre sa poursuivante. Là n'est pas le dernier rebondissement de cette comédie noire qui se rit du dérisoire et de l'horreur et, une fois encore, nous offre de merveilleux rôles féminins, loin des assignations habituelles. Après avoir produit I'm Dying Up Here, Jim Carrey revient face caméra, et pas n'importe laquelle: celle de Michel Gondry. Pour sa première incursion dans les séries, le réalisateur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind suit la déglingue d'un humoriste, Mr. Pickles (Carrey), star d'un show pour enfant dans les années 70 terrassé par une vie personnelle qui part en sucette. Pourvu que cet alliage fantasmagorique honore la promesse lancée par les premières et somptueuses images. Pascale Ferran (Bird People) réalise cette nouvelle saison qui accueille Mathieu Amalric dans le rôle de JJA, directeur de la sécurité interne de la DGSE. Objectif: nettoyer les tiroirs du BDL et retrouver Malotru (Mathieu Kassovitz) avant la CIA. Considéré comme un traître, il se réfugie à Moscou, en échange d'une collaboration avec les services secrets russes. Ce thriller d'espionnage ne faiblit décidément pas et gagne même en puissance narrative, faisant de lui une référence en termes de production francophone.Goodbye Mister President? Madame la Présidente (Robin Wright) s'installe dans le Bureau ovale, prend les commandes de la nation n°1 et s'impose en taulière qui n'a pas peur de se salir les mains, de vendre son âme. Pourquoi changer quand le monde en redemande? Avec Diane Lane et Greg Kinnear en invités surprises, et le retour de Constance Zimmer en Janine Skorsky (journaliste exfiltrée en saison 4), il faut s'attendre à une ultime saison qui dépote, avec un Doug Stamper au top, annonçant un spin-off déjà sur le feu. La bande annonce a pris pas mal de monde par surprise le 27 août dernier. La saison 3 de True Detective laisse percer le retour des fondamentaux sombres, tortueux, des détours temporels et des crises de conscience. La saison située dans la région montagneuse des Ozarks entraîne Mahershala Ali (House of Cards, oscarisé pour Moonlight) dans trois temporalités différentes et dans un rôle de flic de l'Arkansas. Stephen Dorff, Ray Fisher et Carmen Ejogo sont aussi d'un voyage qui s'annonce bien flippant.