Underground certes, toujours occupée à creuser les marges, mais solidement ancrée dans son territoire. Elle est aussi l'un des derniers témoins d'une époque, un momentum particulier dans l'Histoire des médias: l'ouverture des ondes aux radios libres.

C'est en 1983 que la radio se crée à Schaerbeek. La commune est alors dirigée par Roger Nols, édile communal à la xénophobie extrêmement décomplexée -il n'hésita pas à parader en chameau, vêtu d'une djellaba, pour dénoncer la volonté d'ouvrir le droit de vote aux étrangers... En réaction, plusieurs habitants décidèrent de lancer une radio qui ferait contrepoids, en diffusant une parole antiraciste. Depuis, Radio Panik n'a cessé de chérir et de préserver cet héritage. Aujourd'hui, elle compte quatre salariés, et surtout 250 bénévoles. Se définissant comme une "radio associative d'expression et de création et comme radio multi- et interculturelle", elle est en outre reconnue comme une association d'éducation permanente, depuis 2011.

Chez Radio Panik, on est surtout éclectique. La grille des programmes zigzaguant joyeusement entre infos, musique, et création. Se brancher sur le 105.4, c'est s'assurer un mix musical sans oeillères, mélangeant rock, ambient, chanson, hip-hop, musiques du monde, etc. Forcément, les festivités prévues pour les 35 ans de la station pratiqueront le même brassage stylistique. Ce fut le cas lors du "marathon" du 24 octobre dernier: 35 heures de radio non-stop, découpées en 105 épisodes de 20 minutes chacun. Ce le sera à nouveau pour la série de concerts/DJ sets/projections prévus les 29, 30 novembre et 1er décembre. Ils se disperseront dans plusieurs haut lieux culturels bruxellois. De l'Ancienne Belgique (un set, gratuit, de la Péruvienne Maria Chávez, acrobate des platines) au Café Central, en passant par La Machine, Radio Kiosk, le cinéma Palace, ou encore le Beursschouwburg, où la fête démarrera le samedi à 13 heures pour se terminer le lendemain à 5 heures.