Quinquin (Alane Delhaye) a grandi, se fait appeler Coincoin et Ève (Lucy Caron) l'a quitté pour une agricultrice. Tâchant d'avaler la pilule, il va cahin-caha son bonhomme de chemin. Poursuivi par son père et son frère, il fait des cascades avec la Fiat Panda de la ferme au nez et à la barbe de la maréchaussée, trompe l'ennui en assurant le service d'ordre lors du meeting d'un parti qu'on imagine nationaliste, le Bloc, avec son copain L'Gros. Il est là où le vent et les turpitudes le portent. Et les turpitudes, dans cette suite accordée à la minisérie décapante P'tit Quinquin par son réalisateur Bruno Dumont (La Vie de Jésus, L'Humanité...), sont d'ordre surnaturel. Coincoin et, à sa suite, le duo slapstick de poulets branquignolesques -le commandant Van der Weyden (Bernard Pruvost) et son adjoint Carpentier (Philippe Jore)-, de retour eux aussi, font la découverte, un peu partout sur la Côte d'Opale, d'amas de matière visqueuse apparus nuitamment. Leurs propriétés mystérieuses vont jeter ce petit monde, distrait par ses encombrantes monomanies, dans un remake breughelien de L'Invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956). "C'est pas un corps, c'est une flaque", dit Carpentier à son supérieur, pensant l'objet inerte alors qu'il porte en lui le ferment d'un clonage des habitants du coin, qui va mettre le brin dans leur quotidien et leurs représentations.
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