Anima Online, c'est d'abord une sélection choisie de longs métrages récents qui valent le coup de clic. À commencer par Josep du Français Aurel, ode libre et inventive à la désobéissance qui fait le portrait du dessinateur antifranquiste Josep Bartolí. Véritable petit carton dans l'Hexagone à l'automne, le film devrait sortir sur les grands écrans belges à la réouverture des cinémas. Autre coup de coeur, parmi d'autres: 7 Days War du Japonais Yuta Murano, et sa typologie de personnages digne du Breakfast Club. Portant les sentiments exacerbés propres à l'adolescence à incandescence, cet éloge vibrant de la solidarité voit un groupe de jeunes garçons et filles rivaliser d'ingéniosité au sein d'une mine désaffectée pour damer le pion aux agendas mortifères des adultes. Enfin, à ceux qui auraient manqué sa ressortie en salles, on ne saurait trop conseiller de se replonger dans la version restaurée du cultissime Akira de Katsuhiro Ôtomo, dont le foisonnement organique et les interrogations -humaines comme politiques- n'ont peut-être jamais été aussi actuels.
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Anima Online, c'est d'abord une sélection choisie de longs métrages récents qui valent le coup de clic. À commencer par Josep du Français Aurel, ode libre et inventive à la désobéissance qui fait le portrait du dessinateur antifranquiste Josep Bartolí. Véritable petit carton dans l'Hexagone à l'automne, le film devrait sortir sur les grands écrans belges à la réouverture des cinémas. Autre coup de coeur, parmi d'autres: 7 Days War du Japonais Yuta Murano, et sa typologie de personnages digne du Breakfast Club. Portant les sentiments exacerbés propres à l'adolescence à incandescence, cet éloge vibrant de la solidarité voit un groupe de jeunes garçons et filles rivaliser d'ingéniosité au sein d'une mine désaffectée pour damer le pion aux agendas mortifères des adultes. Enfin, à ceux qui auraient manqué sa ressortie en salles, on ne saurait trop conseiller de se replonger dans la version restaurée du cultissime Akira de Katsuhiro Ôtomo, dont le foisonnement organique et les interrogations -humaines comme politiques- n'ont peut-être jamais été aussi actuels. On traquera les propositions inattendues, les idées folles, les expérimentations techniques inventives et les germes prometteurs des talents à venir du côté de la foisonnante nouvelle fournée de courts métrages que réserve cette 40e édition, véritable laboratoire de tous les possibles et pure quintessence de l'événement. Venus des États-Unis, du Canada, d'Inde, du Japon, d'Australie, de Grande- Bretagne, des Pays-Bas, du Danemark, de Pologne, de Roumanie, ou de Russie... Ils seront distribués en divers programmes, pros ou étudiants, s'adressant aux petits ou aux grands. En tout, sur les 1.350 (!) courts soumis aux organisateurs, 169 trouveront le chemin de vos petits écrans. On notera que si l'un des volets, intitulé "Watch and Dance", est dévolu aux clips musicaux (pour des morceaux de Thom Yorke, Xavier Rudd, Superpoze...), un autre sera entièrement consacré à des courts métrages d'obédience documentaire rassemblés sous la bannière "Real Life Stories". De quoi, assurément, goûter au plaisir animé dans toute sa belle et saine diversité. Ces dernières années, le rayonnement international d'un Yeon Sang-ho (The King of Pigs, The Fake, Seoul Station) a prouvé à quel point le cinéma d'animation adulte sud-coréen pouvait se montrer singulier et vivace. Nouvelle démonstration ici à travers un programme de courts métrages de réalisateurs indépendants rassemblés sous l'intitulé "Korean Colors" et un ensemble de trois longs métrages récents, parmi lesquels les très intéressants Beauty Water de Cho Kyung-hun et Motel Rose de Yeo Eun-a. Noyautés autour de protagonistes prisonniers de leurs désirs et aveuglés par le miroir aux alouettes de la réussite et de la célébrité, ces deux films sont assez représentatifs du grand écart qu'aime souvent pratiquer l'animation coréenne, entre fausse naïveté et vraie perversion. Le premier prend la forme d'une fable cauchemardesque, à la violence crue, sur le culte de l'apparence, tandis que le second, plus retors encore, oscille entre exubérance pop au kitsch bigarré et cruauté sordide aux accents horrifiques. Vivement recommandés. Les traditionnelles rencontres professionnelles du volet Futuranima mettront à l'honneur le cinéma d'animation made in Belgium. Au programme: une masterclass stop motion avec l'incontournable duo Patar et Aubier (Panique au village), un panorama gourmand de l'animation noire-jaune-rouge en compagnie de l'intarissable Philippe Moins, des présentations de studios et de cinéastes belges... Au-delà de ce seul aspect professionnel, le festival a sélectionné près d'une quarantaine de courts métrages du cru, qu'ils soient issus de grands studios ou bien le fait d'apprentis cinéastes, et les a répartis en quatre programmes spécifiques. Afin d'habiller la programmation de l'événement et d'introduire certains programmes, trois écoles supérieures belges de cinéma d'animation (la Haute École Albert Jacquard, La Cambre et le RITCS) ont en outre proposé à leurs étudiants de réaliser des capsules sur des thèmes libres ou imposés. En tout, ce sont pas moins d'une grosse vingtaine de séquences qui se retrouveront ainsi disséminées sur la plateforme Anima Online. Mate, c'est du belge...Focus sur les pays des Balkans, films jeune public rassemblés au sein d'un Pass Kids, Nuit Animée, programme spécial Saint-Valentin, jeu consistant à créer en 24 heures un court métrage de 24 secondes, pack et concours Do It Yourself, proclamation des prix des quatre jurys mis en place dans un grand live Facebook... Les raisons de se réjouir sont nombreuses avec Anima. Afin de souffler virtuellement, certes, mais dignement quand même ses 40 bougies, le festival proposera également un voyage dans le temps sous forme de programme rétrospectif de films courts qui ont marqué de leur empreinte son Histoire: How to Kiss de Bill Plympton, Adam de Peter Lord, Father and Daughter de Michael Dudok de Wit... À chaque fois, les réalisateurs de ces films raconteront leur meilleur souvenir du grand raout bruxellois dans une brève vidéo inspirée par la bande annonce de l'événement. Joyeux anniversaire Anima, et à l'année prochaine sans faute à Flagey!