Grande nouveauté de cette septième édition du festival Are You Series?, le Parcours Réalité Virtuelle - Brussels Virtual Week qui se tient du 11 au 16 décembre (entre 12 h et 21h), conçu en collaboration avec Stereopsia, le forum professionnel et international de l'immersion digitale, qui a lieu en parallèle au Square (juste en bas de la rue). Le but: mettre en avant les nouveaux modes de narration nés de la réalité virtuelle (VR) et des technologies de 3D immersive. "Nous organisons chaque année un jury européen, chargé de nominer des projets qui seront récompensés au terme du forum ", explique Alain Gallez, coordinateur de Stereopsia. "Nous avons opéré, en étroite collaboration avec Bozar, une sélection supplémentaire de quatre productions, Gloomy Eyes, -22.7°C, Le Cri et Mind Palace, qui seront montrées dans le cadre du festival Are You Series?"
...

Grande nouveauté de cette septième édition du festival Are You Series?, le Parcours Réalité Virtuelle - Brussels Virtual Week qui se tient du 11 au 16 décembre (entre 12 h et 21h), conçu en collaboration avec Stereopsia, le forum professionnel et international de l'immersion digitale, qui a lieu en parallèle au Square (juste en bas de la rue). Le but: mettre en avant les nouveaux modes de narration nés de la réalité virtuelle (VR) et des technologies de 3D immersive. "Nous organisons chaque année un jury européen, chargé de nominer des projets qui seront récompensés au terme du forum ", explique Alain Gallez, coordinateur de Stereopsia. "Nous avons opéré, en étroite collaboration avec Bozar, une sélection supplémentaire de quatre productions, Gloomy Eyes, -22.7°C, Le Cri et Mind Palace, qui seront montrées dans le cadre du festival Are You Series?"À technologies particulières, dispositif particulier: les productions proposées étant visionnées avec le casque VR ad hoc, seuls 150 heureux spectateurs (prenez soin de réserver) découvrirons les oeuvres. Visionner un film en réalité virtuelle nécessite donc un matériel conséquent, un hardware puissant, un casque de VR fatalement individuel. Ces deux facteurs peuvent être un frein considérable à la possibilité de diffusion publique à grande échelle. Se pose dès lors une question évidente. Cette technologie et la création qu'elle propose sont-elle vouées à rester au stade expérimental pur? À ne demeurer que dans un cadre muséal ou de happening? "À ce stade du développement, et malgré l'excellence des réalisations qui sont produites chaque année, c'est vrai que l'audience doit se restreindre à un espace muséal. Pour l'instant!", réagit Alain Gallez. "Car pour chaque étape de l'évolution technologique, y compris dans le cinéma, il y a eu des barrières ou des réticences. Petit à petit, nous sommes déjà passés d'un matériel prototypique à un matériel disponible, commercialisé, et qui va être progressivement à portée d'un plus grand nombre. Même si trouver un espace collectif demeure compliqué -en raison du hardware qui est encore assez lourd, des questions d'assurances-, une évolution vers une standardisation n'est absolument pas à exclure."La qualité de navigation, d'immersion, et l'interactivité dans les oeuvres proposées est sidérante. À côté de l'émouvant Mind Palace de Carl Krause et Dominik Stockhausen, ainsi que de l'exploration des tourments qui ont nourri Le Cri, oeuvre emblématique de Munch, le court métrage interactif -22.7°C et la minisérie Gloomy Eyes ne laisseront personne indifférent. Le premier est signé Jan Kounen. Le réalisateur de Dobermann, 99 Francs et Blueberry avait déjà travaillé l'an dernier sur le projet Ayahuesca, une expérience numérique immersive qui permettait de vivre une véritable initiation chamanique dans les forêts d'Amazonie. Il est question de ces traversées ancestrales et légendaires ici aussi, au coeur de la banquise arctique, où nous sommes plongés dans une expérience mystique rythmée par les sons du producteur Molécule, dont le voyage boréal a inspiré le présent récit. Difficile de décrire ce qui est le plus troublant: la capacité du spectateur à moduler certains sons grâce au capteur posé dans la paume de ses mains, la chute vertigineuse au pied d'un iceberg, jusqu'aux entrailles de la Terre, ou la navigation psychédélique dans le trip astral et méditatif qui suit l'effondrement? L'immersion cosmique proposée par Kounen raconte, quoiqu'il arrive, quelque chose de notre fragile condition humaine. Entre Tim Burton et Jacques Prévert, Gloomy Eyes sera certainement la sensation du festival. Il s'agit là bel et bien d'une minisérie, qui suit un enfant mi-humain mi-zombie dans un univers de nuit perpétuelle -le soleil ayant disparu dans les entrailles de la Terre- dans lequel il cherche une place pour l'amour d'une petite fille. Raconté par l'acteur irlandais Colin Farrell, Gloomy Eyes, en plus d'être une belle petite fiction bourrée de poésie gothique, est aussi un tour de force visuel. Chaque scène étant comme autant de petites maquettes avec décor et personnage dont le spectateur peut s'approcher... en se penchant littéralement en avant. L'immersion est ici totale et le propos philosophique et politique sous-jacent d'une splendide acuité. Pas étonnant que cette série ait été récompensée aux Festivals de Sundance (Best VR Animation), d'Annecy (Cristal for Best VR Work) et à Anima (Best VR Short). Certainement un coup d'éclat et de maître dans la programmation de Are You Séries?