TOUR DE FRANCE

Samedi 6/7, 13h40, La Une.

Une étape en ligne le samedi (Bruxelles-Bruxelles), un contre la montre par équipe le dimanche (du palais royal à l'Atomium)... La Grande Boucle débute cette année par un week-end 100% belge et démarrera de la Grand-Place de Bruxelles. Un hommage à Eddy Merckx pour célébrer les 50 ans de son premier succès... Orphelin de Chris Froome, vainqueur de trois des quatre dernières éditions; du Néerlandais Tom Dumoulin, l'an passé sur la deuxième marche du podium; et de Primoz Roglic qui avait terminé à son pied, le Tour 2019 semble relativement ouvert. D'autant que le tenant du titre Geraint Thomas a vu sa préparation perturbée par une chute et un abandon au Tour de Suisse. Peut-être la chance de Quintana, Bernal, Fuglsang, Landa, Yates, Bardet ou Pinot... J.B.

LIVE ART

Collection documentaire de Hans Ulrich Obrist. ***(*)

Dimanche 7/7, 11h05, Arte.

"Tino Sehgal interdit toute reproduction de ses oeuvres: film, photo, enregistrement sonore... Comment rendre compte de son art?" Installations, performances d'artiste... Collection documentaire en quatre épisodes, Live Art tente de raconter des oeuvres dites éphémères et commence avec cet ancien danseur qui travaille sur le vivant, crée des chorégraphies singulières, immersives et refuse de produire des traces matérielles de peur qu'elles figent l'expérience. À l'occasion d'une carte blanche au palais de Tokyo, des participants, des visiteurs, des artistes et Tino Sehgal lui-même racontent ce qu'on ne peut plus voir et invitent à le vivre.

Interrogeant notamment la responsabilité du visiteur, Live Art se promènera aussi à la Biennale de Sao Paulo, rencontrera Adrian Villar Rojas à Istanbul et questionnera avec Simon Denny l'art du piratage. J.B.

© Paramount / Warner Brothers

UN AIR DE DÉJÀ-VU?

Émission culturelle de Philippe Collin.

Dimanche 7/7, 19h10, Arte.

"Rien ne se gagne. Rien ne se perd. Tout se transforme", disait le père de la chimie moderne Lavoisier. Et la maxime vaut aussi pour l'art... Imaginé par Philippe Collin, historien de formation, Un air de déjà-vu? propose de revenir en huit épisodes sur l'année culturelle écoulée et de décoder les phénomènes en ce qu'ils tirent du passé. Pour le premier anniversaire de la mort de Johnny, l'émission décortique la coutume de l'album posthume et raconte les chanteurs qui ne meurent jamais. Ceux qui remplissent les rayons de disques depuis l'au-delà à coups de lives et de fonds de tiroir.

Si Elvis rapporte 40 millions de dollars les bonnes années, Mon Pays c'est l'amour fut en 2018 la cinquième meilleure vente d'albums dans le monde... Consacrant une dizaine de minutes à chacun de ses sujets (un luxe dans le monde de la télé culturelle moderne), Collin se penche aussi sur Banksy et l'autodestruction à Londres d'une de ses oeuvres adjugée à 1.200.000 euros, traçant des parallèles avec Gustav Metzger, ou Arman et ses célèbres colères. Il interroge enfin le biopic musical (Bohemian Rhapsody oblige) et un genre, le film biographique, qui s'est depuis l'après-guerre emparé des figures de l'entertainment. Un air de déjà-vu? se penchera aussi durant l'été sur Notre-Dame, Houellebecq, les chanteuses au masculin, le nazisme en littérature et la Lune au cinéma. J.B.

© Dean Chalkley

SOUND OF FREEDOM

Documentaire d'Ulrike Neubecker et de Claus Wischmann. ***(*)

Dimanche 7/7, 22h45, Arte.

Si la musique ne peut à elle seule changer le monde, elle a de tout temps accompagné les transformations sociales quand elle ne les a pas précipitées. Le documentaire en deux parties d'Ulrike Neubecker et de Claus Wischmann questionne le pouvoir du rock et de la pop. Comment les chansons peuvent-elles collectivement nous emporter? Quel est le rôle de la musique dans la société? De La Marseillaise, l'originale et celle de Gainsbourg, au Respect d'Aretha Franklin, de Wind of Change à Strange Fruit, de Girls Just Want to Have Fun à Bella Ciao, Sound of Freedom raconte la musique qui procure du courage. Celle qui fait se sentir moins seul et renforce le sentiment d'unité. Il questionne aussi le pouvoir de la satire et le rôle de prophète que peut endosser l'artiste. Étienne Daho, Jean-Michel Jarre, Don Letts (photo), Billy Bragg, Anna Calvi, Klaus Meine, Marc Ribot et Gloria Gaynor alimentent ce docu fouillé sur les chants de résistance et de rébellion, messages féministes et autres appels à la liberté... J.B.

MON ONCLE D'AMÉRIQUE

Comédie dramatique d'Alain Resnais. Avec Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre. 1980. ***(*)

Mardi 9/7, 21h10, La Trois.

C'est un film choral, comme Resnais en fera plusieurs dont les très réussis On connaît la chanson, Smoking/No Smoking et Coeurs). On y suit les destinées croisées d'un grand-bourgeois (Roger Pierre) menant une double carrière politique et littéraire, de la comédienne (Nicole Garcia) pour laquelle il abandonne femme et enfants, du directeur d'une usine textile en difficulté (Gérard Depardieu) et de plusieurs autres personnages. Singularité marquante: un scientifique fameux, le professeur Henri Laborit, spécialiste de l'étude du comportement, intervient directement pour offrir des explications sur les faits et gestes du petit monde qui s'agite devant nous... L'intelligence et l'humour de Resnais, son sens théâtral aussi, sont au rendez-vous d'une oeuvre doublement primée au Festival de Cannes, et qui pose plein de questions en plus de joliment divertir. L.D.

MOURIR

Documentaire de Manuel Poutte. ***(*)

Mercredi 10/7, 21h45, La Trois.

Que serait la vie s'il n'y avait pas la mort? La question, aussi simpliste soit-elle, est au coeur de la démarche de Manuel Poutte (Fritkot et En vie). Et elle n'est pas dénuée de sens. Depuis plusieurs décennies, nos sociétés occidentales, industrielles et technoscientifiques tentent de pousser la mort hors de leur champ de vision, la transformant en un tabou, un obstacle au rêve d'éternité transhumaniste et consumériste. Or, au coeur de rituels ou de réflexions philosophiques, la mort et le deuil sont constitutifs de notre condition. La réflexion de Manuel Poutte démarre d'un lit d'hôpital, après une crise cardiaque, pour questionner notre rapport individuel et commun à la grande faucheuse. Le théologien Gabriel Ringlet, la docteure Corinne Van Ost (qui pratique l'euthanasie) ou encore le sociologue Bernard Crettaz l'assistent dans ce voyage à la rencontre de nos peurs les plus intimes et de nos espoirs de salut les plus rédempteurs. Car apprivoiser cette mort qui nous attend tous, serait le point de départ d'une célébration de la vie dans ce qu'elle a de plus sacré. N.B.