Au milieu des années 70, dans une Allemagne écartée de la conquête spatiale, un jeune Teuton ambitionne de concevoir et commercialiser une fusée à bas prix fabriquée en série pour tout pays qui en ferait la demande. Cet homme s'appelle Lutz Kayser. Né le 31 mars 1939 à Stuttgart, où son père dirigeait une usine...

Au milieu des années 70, dans une Allemagne écartée de la conquête spatiale, un jeune Teuton ambitionne de concevoir et commercialiser une fusée à bas prix fabriquée en série pour tout pays qui en ferait la demande. Cet homme s'appelle Lutz Kayser. Né le 31 mars 1939 à Stuttgart, où son père dirigeait une usine de sucre, Kayser s'est enflammé pour la conquête de l'espace avec Kennedy. Soutenue par le ministère allemand des Affaires scientifiques, sa société Otrag deviendra vite la première entreprise privée au monde de l'ingénierie spatiale. Mais en 1975, aucune compagnie d'assurance ne veut couvrir ses essais en Europe de l'Ouest. Coup dans l'eau? Mobutu, qui rêve d'être le premier chef d'État africain à disposer d'un satellite, va lui tendre les bras. Surréaliste, l'expérience tiendra plus du film d'Ed Wood que du premier pas sur la Lune. "Pas de high-tech mais du low-cost." Telle était la devise de cette grande aventure humaine que représentait le lancement d'une fusée depuis le Zaïre. Les rampes de lancement bricolées, la chasse au gnou et à l'antilope en hélico... Oliver Schwehm dresse le portrait d'une des figures les plus controversées des lancements dans l'espace. Un homme qui a sous-estimé la dimension politique de ses actes et a été accusé de construire des fusées pour le compte de Mobutu et de développer des missiles à une époque où les grandes puissances refusaient les transferts technologiques... Kayser est mort aux Îles Marshall en 2017 à l'âge de 78 ans.