Condamné pour meurtre, Mark Gobden arrive en prison, pour la première fois de sa vie, alors qu'il approche de la soixantaine. Fébrile, perdu, il répond difficilement aux questions de l'officier de service qui enregistre les détenus. "Avez-vous des tendances suicidaires?" Silence. Gobden lève la tête...

Condamné pour meurtre, Mark Gobden arrive en prison, pour la première fois de sa vie, alors qu'il approche de la soixantaine. Fébrile, perdu, il répond difficilement aux questions de l'officier de service qui enregistre les détenus. "Avez-vous des tendances suicidaires?" Silence. Gobden lève la tête, a un tic nerveux, hésite. Dans ce cours laps de temps réside une puissance comique aussi fulgurante que surprenante dans un tel contexte. Car le détenu n'est autre que Sean Bean, acteur connu pour avoir joué des personnages emblématiques tôt occis (Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones). À vrai dire, la partition qu'effectue l'acteur frôle la perfection. Et ce tout au long des trois épisodes de cette fiction tendue et lente comme un album de drone. À ses côtés, Stephen Graham (The Irishman, The Virtues) n'est pas en reste, qui joue Eric McNally, un gardien de prison dont le sens du devoir est coincé dans l'étau de la corruption. En remontant patiemment le fil de ce qui a mené ces deux individus dans l'inextricable, Jimmy McGovern ausculte moins la chute de l'homme que son mode de survie dans un milieu extrêmement pénible et insécurisant. Porté par une solide double interprétation, le récit décrit combien un système (ici carcéral) inhumain et les événements infects qui s'y passent sont les produits de ceux qui le créent, qui y vivent et qui s'y laissent emporter.