Portée par une extraordinaire Elisabeth Moss (Mad Men), l'adaptation du roman dystopique La Servante écarlate (The Handmaid's Tale, publié en 1985) de Margaret Atwood nous projette dans une société totalitaire menacée par une natali...

Portée par une extraordinaire Elisabeth Moss (Mad Men), l'adaptation du roman dystopique La Servante écarlate (The Handmaid's Tale, publié en 1985) de Margaret Atwood nous projette dans une société totalitaire menacée par une natalité en berne, où la majorité des femmes sont réparties en deux classes de parias: les esclaves sexuelles ou le sous-prolétariat. Cette extrapolation dérangeante mais nécessaire de la domination patriarcale est sublimée par une cinématographie qui fait la part belle au grand angle et à une esthétique follement picturale. Dure, éprouvante, cette première saison a signé le démarrage éclatant d'une série qui a anticipé puis accompagné les débats autour des violences faites aux femmes. Même s'il a perdu de sa puissance de dénonciation au cours de la troisième saison, le propos maintient ici toute sa pertinence, sa dramaturgie stylisée et son horreur ritualisée demeurant étayée par un sous-texte fort, sans ambiguïté ni voyeurisme, auquel rend justice la maestria de la réalisation et du jeu d'acteur.