Le rêve américain est avant tout un rêve motorisé. Mais sa promesse des grands espaces et de la mobilité sans entraves était, au XXe siècle, réservée aux Blancs. Trop longtemps, les descendants des esclaves afro-américains se sont vus interdire, par les lois et usages ...

Le rêve américain est avant tout un rêve motorisé. Mais sa promesse des grands espaces et de la mobilité sans entraves était, au XXe siècle, réservée aux Blancs. Trop longtemps, les descendants des esclaves afro-américains se sont vus interdire, par les lois et usages ségrégationnistes, de goûter à ce vent de liberté et de découverte. Et les rares qui sont parvenus à voyager vers le Nord, ont constaté qu'il leur était tout aussi inhospitalier que le Sud. À partir de 1936, un petit guide, The Negro Motorist Green Book, est publié par un postier, Victor H. Green. Ce guide vert répertorie les lieux (garages, motels, restaurants...) dans lesquels les Noirs peuvent voyager en sécurité, les personnes de contact, les coins à éviter. En remontant à la genèse et l'extraordinaire développement du Green Book, ce documentaire raconte l'histoire de celles et ceux qui ont vécu la ségrégation, les lieux emblématiques qui ont jalonné la route vers leur émancipation. On y croise Martin Luther King ou encore A. G. Gaston, étonnant patron d'un empire financier de l'Alabama bâti sur ces routes "sécurisées". Les gardiens de cette mémoire enfouie, ainsi que des historiens, en dressent un tableau poignant, digne, illustré de belles images d'archives, admirablement contextualisées.