Dans ce sillon sanglant, la série évite la réponse morale, tend l'oreille aux existences brisées et embrasse les ressorts intimes. En 2011, alors que l'ETA renonce à l'action armée, Bit...

Dans ce sillon sanglant, la série évite la réponse morale, tend l'oreille aux existences brisées et embrasse les ressorts intimes. En 2011, alors que l'ETA renonce à l'action armée, Bittori décide de revenir dans la ville qu'elle a dû fuir dans les années 90, après la mort de son mari Txato, exécuté en plein jour par un militant de l'organisation indépendantiste, Joxe Mari. Ce dernier n'est autre que le fils de Miren, l'amie de Bittori. Son retour, loin de solder les comptes, va réveiller les morts. Derrière une mise en scène un peu grassouillette s'esquisse la ligne entre la possibilité et l'impossibilité d'un dialogue. Le résultat est une série poignante, subtile, qui effleure les causes historiques, ne tourne pas le dos à la sincérité des combats et questionne la légitimité de la violence.