Rions un peu avec l'Europe. Les motifs ne manquent pas pour affûter les saillies à l'égard des institutions opaques, kafkaïennes de Bruxelles, dont les intérêts semblent toujours plus éloignés de ceux des citoyens. Noé Debré réussit à éviter la simple moquerie et le ricanement mauvais, et propose ici...

Rions un peu avec l'Europe. Les motifs ne manquent pas pour affûter les saillies à l'égard des institutions opaques, kafkaïennes de Bruxelles, dont les intérêts semblent toujours plus éloignés de ceux des citoyens. Noé Debré réussit à éviter la simple moquerie et le ricanement mauvais, et propose ici une comédie rondement menée, diablement bien écrite, qui nous plonge, depuis l'intérieur, dans une analyse précise des fonctionnements du Parlement européen et la psyché de ceux qui en nourrissent/pourrissent les débats. Quand Samy (Xavier Lacaille) débarque dans un Parlement encore sonné par le Brexit, fraîchement nommé assistant d'un eurodéputé centriste et tire-au-flanc, Michel Specklin (Philippe Duquesne, succulent), on lui plaque un rapport sur la pêche, sujet aussi risqué que technocratique. Tel un personnage de jeu vidéo, il devra monter de plateau en plateau pour faire passer son texte et endurer les complexités du jeu politique. À partir de ce dossier hautement symbolique de l'impasse technocratique, Parlement décrit avec précision et humour la pyramide décisionnelle européenne, désacralise l'institution sans la moquer, pour mieux en comprendre les rouages et son cortège de vanités, de méchancetés banales, de solitudes sur écran, de manigances tapageuses et de courages invisibles. Cette comédie a du rythme, de l'allure et un casting absolument irréprochable.