Prostitution de mineurs, violences familiales, viols, agressions sexuelles à caractère pédophile... L'engagement des inspectrices et inspecteurs ainsi que de leur supérieure est réel pour surmonter les horreurs, faire émerger la vérité et tenter de permettre aux victimes de retrouver un chemin de résilience. Malheureusement, ce documentaire filmé à l'épaule est fixé du point de vue des forces de police, avec d'irrégulières interventions face caméra, quand le m...

Prostitution de mineurs, violences familiales, viols, agressions sexuelles à caractère pédophile... L'engagement des inspectrices et inspecteurs ainsi que de leur supérieure est réel pour surmonter les horreurs, faire émerger la vérité et tenter de permettre aux victimes de retrouver un chemin de résilience. Malheureusement, ce documentaire filmé à l'épaule est fixé du point de vue des forces de police, avec d'irrégulières interventions face caméra, quand le monde alentour est flouté. Ce qui légalement se conçoit pour protéger les mineurs, mais leste le résultat d'un parti pris maladroit quand il se généralise. On est plus proche de la juge Gruwelz que de David Simon, d'Appels d'Urgence que d'Allô Police.C'est particulièrement frappant lors de l'épisode consacré aux bandes urbaines. Là, le docu montre que le mineur devant un immeuble ne cache plus un enfant en souffrance mais un délinquant en puissance. Contrôles incessants, infantilisation et paternalisme rythment le quotidien de cette unité certes confrontée à la violence et à la délinquance, mais qui, par ce choix formel, ne semble parler qu'à une masse diffuse d'ados floutés, et donc renvoyés à un tout homogène, racisé et potentiellement dangereux. "De n'importe quelle couleur, on s'en fout", jette un inspecteur dans un grand moment de color blindness. Soit une vision de la société qui néglige le caractère systémique des inégalités et refuse de voir leur impact sur certaines franges de la population. Un autre moment de familiarité dérange, à l'occasion d'un contrôle: "Vous avez grossi, monsieur", dit le policier, alors que la caméra filme le ventre du jeune, découvert par la fouille. "Et de la tête aussi", ajoute la collègue. On ne sait pas s'il s'agit d'une remarque bon enfant (certains policiers et jeunes se côtoient depuis plusieurs années) ou d'une sournoise humiliation. Produit par Giraf Prod (une boîte française d'anciens de M6), le résultat mixe sensationnalisme et émotions sous un vernis style Dardenne qui lui servirait de caution sociologique. Dans les relations tendues entre police et population qui émaillent l'actualité bruxelloise, ni la valeur de ces agents ni la perception de la jeunesse urbaine n'en sortent gagnants.