Ce n'est pas la série la plus facile à regarder (doux euphémisme). D'ailleurs ses audiences n'ont rien de renversant (doux euphémisme). On ne peut pas dire qu'elle est sur-dramatisée, ni que ses enjeux apparaissent immédiatement clairs au téléspectateur (idem). Cependant, à l'automne de sa vie, Mad Men confirme qu'elle a aidé à opérer un tournant majeur (ibidem) dans le paysage sériel mondial: grâce à elle, les séries ont compris qu'elles pouvaient se la jouer cinéma.

Mais ce n'est pas sa seule qualité: déjà parce que la densité psychologique de ses personnages rejoint la nôtre -Don Draper oscille entre le connard cynique fini et le petit enfant perdu. Ensuite parce que, loin d'être une série-musée figée comme certains l'imaginent, Mad Men entremêle la petite et la grande Histoire, et trace des lignes entre lesquelles lire l'Homme, l'époque et l'avenir. A la lumière de Mad Men, c'est notre présent d'Occidentaux mal dans nos pompes qui s'éclaire. Oui, Mad Men est brillante, et l'extinction des feux promise après cette dernière salve d'épisodes rend déjà nostalgique, non de l'époque dépeinte, mais de ce que la télévision ne sera sans doute plus sans elle. C'est à dire le réceptacle d'une oeuvre exigeante, qui n'a jamais fait la moindre concession au business télé. Emotion.

SÉRIE AMC, CRÉÉE PAR MATTHEW WEINER. AVEC JON HAMM, CHRISTINA HENDRICKS, ELISABETH MOSS.

Dès ce lundi 4 mai à 21h00 sur Be 1.

Ce n'est pas la série la plus facile à regarder (doux euphémisme). D'ailleurs ses audiences n'ont rien de renversant (doux euphémisme). On ne peut pas dire qu'elle est sur-dramatisée, ni que ses enjeux apparaissent immédiatement clairs au téléspectateur (idem). Cependant, à l'automne de sa vie, Mad Men confirme qu'elle a aidé à opérer un tournant majeur (ibidem) dans le paysage sériel mondial: grâce à elle, les séries ont compris qu'elles pouvaient se la jouer cinéma.Mais ce n'est pas sa seule qualité: déjà parce que la densité psychologique de ses personnages rejoint la nôtre -Don Draper oscille entre le connard cynique fini et le petit enfant perdu. Ensuite parce que, loin d'être une série-musée figée comme certains l'imaginent, Mad Men entremêle la petite et la grande Histoire, et trace des lignes entre lesquelles lire l'Homme, l'époque et l'avenir. A la lumière de Mad Men, c'est notre présent d'Occidentaux mal dans nos pompes qui s'éclaire. Oui, Mad Men est brillante, et l'extinction des feux promise après cette dernière salve d'épisodes rend déjà nostalgique, non de l'époque dépeinte, mais de ce que la télévision ne sera sans doute plus sans elle. C'est à dire le réceptacle d'une oeuvre exigeante, qui n'a jamais fait la moindre concession au business télé. Emotion.