Le milliardaire a investi l'ancienne Halle aux blés construite en 1763 et devenue en 1889 la Bourse de commerce. Le documentaire d'Olivier Lemaire (Let's Dance, 13 novembre, la vie d'après) retrace un chantier hors norme. Il commence en avril 2016 avec la première visite de l'édifice circulaire surmonté de son dôme par François Pinault et l'architecte japonais Tadao Ando, qui a déjà conçu ses antres vénitiens. "L'architecture d'Ando est une arc...

Le milliardaire a investi l'ancienne Halle aux blés construite en 1763 et devenue en 1889 la Bourse de commerce. Le documentaire d'Olivier Lemaire (Let's Dance, 13 novembre, la vie d'après) retrace un chantier hors norme. Il commence en avril 2016 avec la première visite de l'édifice circulaire surmonté de son dôme par François Pinault et l'architecte japonais Tadao Ando, qui a déjà conçu ses antres vénitiens. "L'architecture d'Ando est une architecture très dépouillée, très simple, qui va à l'essentiel, commente Pinault. Dans la vie, c'est ce que j'aime. Je n'aime pas les fioritures, les discours creux, le temps perdu. Un coup de crayon, une architecture très minimale. Tout ce qui est superflu a disparu." Durant trois ans, Pinault, qui fêtera ses 85 ans le 21 août, est passé au moins deux fois par semaine sur les lieux des travaux. Le docu suit la restauration exigeante (3 000 ouvriers et artisans d'art se sont relayés, ralentis par la crise sanitaire), se demande comment le marché de l'art va évoluer et comment un bâtiment traverse le temps sans perdre sa modernité. C'est aussi en même temps le portrait d'un homme vif qui a autant le sens de l'humour que des affaires. "Je suis un bourgeois anticonformiste. Anti confort. Le confort m'indispose. J'en profite parce que la vie est faite comme ça. Mais je n'aime pas trop ça. Il faut prendre des risques. On ne peut pas être entrepreneur sans prendre de risques. Un entrepreneur, c'est un type qui pense plus vite que les autres. Qui choisit plus vite que les autres. Qui prend des risques plus énormes que les autres. (...) On a appris à faire du fric. Mais so what?" Collectionneur passionné et paradoxal (et accessoirement quatrième fortune de France), François Pinault a financé intégralement les 108 millions d'euros du budget initial. Il multiplie les possibilités de montrer ses collections mais aussi de les valoriser. "Je veux permettre à des jeunes qui n'auraient pas eu la possibilité d'être reconnus, d'être montrés. C'est ce qu'ils sont capables de produire et de faire qui m'intéresse. L'art pour continuer à avancer et comprendre mieux le monde, dit-il. Le pire n'est pas toujours certain..."