Stefan Cornic (Jim Jarmusch, poèmes sur pellicule) défend l'idée qu'un oeil cinématographique existait déjà et qu'il s'est éveillé progressivement pour donner naissance au spectateur que nous sommes encore aujourd'hui. Travelling, vue aérienne, couleur,...

Stefan Cornic (Jim Jarmusch, poèmes sur pellicule) défend l'idée qu'un oeil cinématographique existait déjà et qu'il s'est éveillé progressivement pour donner naissance au spectateur que nous sommes encore aujourd'hui. Travelling, vue aérienne, couleur, relief, expérience immersive... Tout a été pensé et rêvé dès le XIXe siècle, le siècle du regard, du flâneur, de l'observateur, de la spectacularisation du monde. Dans une réflexion assez passionnante, Cornic raconte le train qui change la vision du paysage et la rend panoramique ou encore les boulevards qui font de la ville un lieu à regarder en offrant de larges points de vue. Il revient sur le surgissement de la vie qui s'installe dans l'art et sur les affiches en tous genres (celles qui annoncent les spectacles ou reflètent l'essor des grands magasins et de la presse illustrée) transformant Paris en ville-écran. Il décortique les relations entre les photographes et la science et évoque les cinéastes naissants qui vont chercher leur inspiration dans la peinture et questionne la mise en images de l'avant et de l'après. Historiens, conservateurs de musées et réalisateurs interviennent pour étayer ce zoom sur les prémices du 7e art.