Il n'a sorti que treize films en 40 ans mais tous furent des événements. Stanley Kubrick était un génie du cinéma. Un innovateur qui a repoussé les limites du possible à l'écran. C'était aussi un cinéaste qui s'exprimait peu publiquement, qui n'accordait que de rares interviews à la presse et évitait tant que faire se pouvait les plateaux télévisés... Discret, Kubrick n'aimait pas trop parler de ses films. Une caractéristique qui enveloppe encore aujourd'hui le réalisateur et l'homme d'un épais voile de mystère.
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Il n'a sorti que treize films en 40 ans mais tous furent des événements. Stanley Kubrick était un génie du cinéma. Un innovateur qui a repoussé les limites du possible à l'écran. C'était aussi un cinéaste qui s'exprimait peu publiquement, qui n'accordait que de rares interviews à la presse et évitait tant que faire se pouvait les plateaux télévisés... Discret, Kubrick n'aimait pas trop parler de ses films. Une caractéristique qui enveloppe encore aujourd'hui le réalisateur et l'homme d'un épais voile de mystère. Directeur de la revue Positif et chroniqueur du Masque et la Plume, Michel Ciment, qui lui a consacré en 2011 un ouvrage de référence, est l'un des quelques journalistes à avoir pu discuter avec le maître. À cheval entre le portrait et l'analyse cinématographique d'une filmographie quasi irréprochable, le documentaire de Gregory Monro est articulé autour des enregistrements sonores de ces entretiens. Kubrick s'y raconte en toute simplicité et décortique son oeuvre. Il se souvient de la fameuse scène de Full Metal Jacket dans laquelle Baleine se fait aboyer dessus par le sergent instructeur Hartman et de comment l'ancien militaire du corps des Marines Lee Ermey s'est retrouvé à incarner son rôle. Il justifie les milliers de dessins et de peintures dont il s'est inspiré pour Barry Lyndon et ses costumes, analyse The Shining et explique tout l'intérêt des bouquins qu'il a adaptés. Marisa Berenson, Malcolm McDowell (blessé à deux reprises pendant le tournage d' Orange mécanique) ou encore Jack Nicholson qui évoque le côté perfectionniste du réalisateur et toutes les raisons qu'il invoquait pour expliquer qu'une prise n'était pas bonne... Kubrick par Kubrick raconte le cinéaste exigeant, celui qui s'est toujours assuré que ses films n'étaient pas un divertissement dérisoire. Il dévoile aussi l'homme qui vivait avec ses chiens, ses chats, sa femme et ses filles à la campagne. Celui qui sélectionnait ses acteurs sur cassettes, tournait quasiment tous ses films à 15 kilomètres de chez lui, contrôlant le monde à partir de sa maison. Intelligemment mis en scène, le docu de Gregory Monro utilise des extraits de films, des images d'archives, parfois privées voire inédites. Il se promène dans un musée imaginaire inspiré par 2001: l'odyssée de l'espace et restitue l'ambiance des rencontres entre Kubrick et Michel Ciment, interviewé au même titre que comédiens et techniciens. Une plongée passionnante et éclairante, coincée entre la diffusion de Barry Lyndon (20h55) et un concert symphonique qui met sa musique à l'honneur.