"Je ne crois pas en la ségrégation. Je crois en l'esclavage." C'est sur ces mots glaçants, terrifiants, que s'ouvre le documentaire Une histoire américaine consacré au Ku Klux Klan. Né après la guerre de Sécession, l'Empire invisible est le plus ancien groupe terroriste et raciste des États-Unis. Planqués derrière leurs tristement célèbres robes aux chapeaux pointus, ses fidèles prônent la suprématie blanche et prêchent la haine des Noirs. Anti-black, anti-catholique et antisémite, le KK...

"Je ne crois pas en la ségrégation. Je crois en l'esclavage." C'est sur ces mots glaçants, terrifiants, que s'ouvre le documentaire Une histoire américaine consacré au Ku Klux Klan. Né après la guerre de Sécession, l'Empire invisible est le plus ancien groupe terroriste et raciste des États-Unis. Planqués derrière leurs tristement célèbres robes aux chapeaux pointus, ses fidèles prônent la suprématie blanche et prêchent la haine des Noirs. Anti-black, anti-catholique et antisémite, le KKK a enrôlé plus de quatre millions de membres dans les années 20 avant de disparaître et de ressusciter après la Seconde Guerre mondiale, bien décidé à imposer la suprématie blanche par tous les moyens. Le Français David Korn-Brzoza (Après Hitler, 68: sous les pavés... les flics) retrace en deux docus d'une heure 150 ans d'Histoire. Tout commence à Pulaski, au Tennessee, où des vétérans sudistes de souche écossaise contrariés par la fin de l'esclavage ont l'idée en 1865 de fonder une société secrète. Ils la baptisent Ku Klux Klan. Des petites organisations paramilitaires décident de ce que les Noirs peuvent ou ne peuvent pas faire. Meurtres et lynchages se répandent. La bête est née. Korn-Brzoza raconte le KKK et ses hommes forts. À commencer par William Joseph Simmons qui en 1915 crée des rituels, des mots codés, s'autoproclame chef et institue le Kloran... Ses cavaliers cagoulés se retrouvent grâce à Naissance d'une nation (dont ils organisaient des projections dans des petites villes et qui fut le premier film diffusé à la Maison-Blanche) avec une hallucinante visibilité. Le Klan fera et défera les carrières, favorisera des lois anti-immigration, financera des films et des pièces de théâtre, aura ses musiques, sa presse, ses stations de radio. Aujourd'hui, il se résume à une trentaine de groupuscules comptant tout au plus 5.000 fidèles qui s'accusent mutuellement de trahir son héritage. Mais d'après Mark Potok, expert de l'extrême droite américaine interrogé dans ce documentaire fouillé, l'héritage du KKK est l'un des enjeux clés de la présidentielle américaine. C'est d'ailleurs dans un cycle qui lui est consacré du 13 octobre au 3 novembre, jour du scrutin, qu'Arte l'a programmé. Les mardis qui suivront, elle proposera notamment Black Panthers, Jimmy Carter: Rock & Roll President, La Démocratie du dollar ou encore Quel président pour l'Amérique? Trump contre Biden.