Pour beaucoup, elle restera Mary Poppins, la nurse magicienne, capable de transformer le désert affectif d'enfants de la haute bourgeoisie londonienne en un hymne à la joie. Pour d'autres, elle chante pour l'éternité dans un pré des Alpes autrichiennes avec les enfants...

Pour beaucoup, elle restera Mary Poppins, la nurse magicienne, capable de transformer le désert affectif d'enfants de la haute bourgeoisie londonienne en un hymne à la joie. Pour d'autres, elle chante pour l'éternité dans un pré des Alpes autrichiennes avec les enfants Von Trapp dans La Mélodie du bonheur. Julie Andrews demeure, dans l'imaginaire commun, cette fée penchée sur nos souvenirs de cinéma, résonnant de son timbre de soprano déployé sur quatre octaves. L'actrice britannique a connu la gloire (et glané un Oscar) lors de son incursion dans l'univers Disney, mais ce documentaire qui abonde en archives surprenantes s'éloigne de la figure d'Épinal et raconte les zones d'ombre d'une artiste complexe, ébouriffante, ancienne enfant star qui a épousé la comédie musicale puis, en 1969, le génial Blake Edwards, et surpris par l'audace de ses choix de carrière (Le Rideau déchiré de Hitchock, Victor Victoria d'Edwards...). Marqué par les doutes et une certaine incompatibilité avec l'atmosphère d'Hollywood, son parcours n'a pas le tragique d'un Charlie Chaplin. Il n'a pas besoin non plus du ton hagiographique qui plombe un peu la fin de ce documentaire pourtant bien tenu, qui fait découvrir par la coulisse une artiste immense de talent, de charisme et de longévité.