7 janvier 2015. Deux islamistes essaient d'exécuter un journal en assassinant froidement ses principaux dessinateurs. Charb, Cabu, Tignous, Honoré et Wolinski tombent sous les balles pour quelques caricatures du prophète. L'attaque meurtrière de la rédaction de Charlie Hebdo marque les esprits. La mobilisation est inattendue. Le monde devient Charlie. On ne touche pas comme ça à la liberté d'expression.
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7 janvier 2015. Deux islamistes essaient d'exécuter un journal en assassinant froidement ses principaux dessinateurs. Charb, Cabu, Tignous, Honoré et Wolinski tombent sous les balles pour quelques caricatures du prophète. L'attaque meurtrière de la rédaction de Charlie Hebdo marque les esprits. La mobilisation est inattendue. Le monde devient Charlie. On ne touche pas comme ça à la liberté d'expression. Alors que la rédaction du journal satirique travaille dans des bureaux protégés à une adresse tenue secrète, le procès des complices présumés des frères Kouachi s'est tenu au Palais de justice de Paris du 2 septembre au 16 décembre derniers. Hugues Nancy l'a suivi et le raconte en même temps que l'histoire de l'insolente et mordante publication. "Journal bête et méchant" qui a remplacé Hara Kiri, dont c'était le slogan. "Bête et méchant, parce qu'on revendique fièrement la bêtise et la méchanceté que tout le monde repousse. Tout le monde se veut intelligent et bon et agit avec une connerie merveilleuse et une méchanceté infatigable", dit Cavanna, son fondateur, dans une interview d'époque. Le Journal qui ne voulait pas mourir plonge aussi en immersion dans la rédaction actuelle de Charlie. Il raconte une équipe qui a étrillé tous les pouvoirs (politiques, religieux et pas seulement), a toujours pris un malin et nécessaire plaisir à cibler et écorner les grandes institutions, l'armée, la société de consommation, la publicité et bien évidemment (sous toutes ses formes) la religion... Le directeur de la publication Riss, la dessinatrice Coco ou encore Philippe Val, qui a été à la tête du journal pendant 17 ans, s'épanchent. À coups de témoignages, d'archives et d'illustrations (des textes de Yannick Haenel et des dessins de François Boucq), Hugues Nancy, à qui l'on doit entre autres des documentaires sur Benoît Hamon, Simone Weil, Mitterrand et Hergé, revient sur un traumatisme et réfléchit sur la liberté d'expression, aujourd'hui devenue un sport de combat...