"Je désire que Le Dictateur montre l'invraisemblable folie des hommes dès qu'apparaît à l'horizon un individu qui parle fort, projette des idées stupéfiantes et appuie ses mots de grands coups de poing sur la table." Né la même année, le même mois et la même semaine qu'Adolf Hitl...

"Je désire que Le Dictateur montre l'invraisemblable folie des hommes dès qu'apparaît à l'horizon un individu qui parle fort, projette des idées stupéfiantes et appuie ses mots de grands coups de poing sur la table." Né la même année, le même mois et la même semaine qu'Adolf Hitler, Charlie Chaplin avait popularisé la moustache en brosse à dents bien avant que le Führer en fasse à jamais un symbole de terreur. En 1916, alors qu'il n'a encore tourné aucun de ses longs métrages, Chaplin est déjà, selon le critique Louis Delluc, l'homme le plus célèbre au monde. Riche, solidement ficelé, le documentaire d'Yves Jeuland et François Aymé, narré par la voix de Mathieu Amalric, brosse le portrait d'un pionnier du cinéma et d'un redoutable homme d'affaires. Celui d'un type qui ne se satisfaisait que de la perfection et a toujours pris un malin plaisir à se moquer de l'autorité. Le Génie de la liberté raconte son enfance à la Oliver Twist (des années miséreuses, terreau de toute son oeuvre et à l'origine de sa conscience politique), sa rencontre avec le septième art, son cinéma humaniste et universel. Mais aussi ses amitiés (Stan Laurel, Douglas Fairbanks...), son anticapitalisme et le rire (dont il est était un horloger) comme antidote au désespoir. À ne pas rater avant la diffusion, à 22h35, des Temps modernes.