"C'est Monte-Cristo qui s'est échappé du château d'If!" Les comparaisons flatteuses s'enchaînent dans cette reconstitution de l'évasion "rocambolesque" de Carlos Ghosn, grand patron de l'automobile accusé par la justice japonaise d...

"C'est Monte-Cristo qui s'est échappé du château d'If!" Les comparaisons flatteuses s'enchaînent dans cette reconstitution de l'évasion "rocambolesque" de Carlos Ghosn, grand patron de l'automobile accusé par la justice japonaise de fraude fiscale et de fausse déclaration, retenu sur le sol nippon depuis un an. Entrecoupé de flash-back qui reconstituent le parcours de ce dirigeant sulfureux, le film de son extraction est joué par des acteurs en mode Matrix. Abstraction faite de cet aspect grand-guignolesque, comprendre comment Ghosn a échappé à la surveillance de la justice japonaise mais aussi de son propre groupe, est assez fascinant. Surtout, et bien involontairement, les commentaires de son biographe, des journalistes ayant couvert l'affaire, de son avocat, des publicitaires Séguéla et Tapiro dessinent un storytelling qui, à rebours même des faits avérés par le documentaire, absout de facto la délinquance en col blanc, dénigre la justice japonaise et, ivre d'hagiographie, ne s'inquiète même pas des contradictions flagrantes de la mythologie qu'il promeut.