L'événement avait fait grand bruit et attiré 20.000 amateurs d'art. En 2016, le Bruxellois de Tournai Denis Meyers proposait, dans les restes d'un bâtiment mythique où s'était écrite l'Histoire économique belge (le siège vacant de Solvay à Ixelles), la plus grande oeuvre d'art urbain d'Europe. Il...

L'événement avait fait grand bruit et attiré 20.000 amateurs d'art. En 2016, le Bruxellois de Tournai Denis Meyers proposait, dans les restes d'un bâtiment mythique où s'était écrite l'Histoire économique belge (le siège vacant de Solvay à Ixelles), la plus grande oeuvre d'art urbain d'Europe. Il y avait rempli de ses mots et dessins près de 25.000 mètres carrés de murs, de plafonds, de portes et fenêtres. Des cuvettes de toilettes aussi. La Maison tatouée de Cocteau façon street art dans un gigantesque décor industriel en somme... À la fin de Remember/Souvenir (c'est ainsi que Meyers le voulait de toutes façons), tout avait été rasé. Les lieux devaient faire place à des logements. Comme le livre photographique (27.000 clichés ont immortalisé le projet) paru en 2018, le documentaire de Benoît Baudson et Nicolas Dedecker raconte cette oeuvre monumentale et singulière. Il montre l'artiste à l'ouvrage avec sa bombe (il en a utilisée 1.500), son bonnet, son masque et sa petite échelle posée sur les gravats. Tous ses doutes et questionnements aussi, 60 à 70% du projet tournant autour de son ancienne moitié... "Ce serait utopique que de croire qu'écrire sur les murs pourrait permettre de tout régler, de tout oublier et de tourner définitivement une page." Il suit aussi l'après: le vernissage, les remises de prix et la démolition. Une parfaite et parlante manière de boucler la boucle.