Tout sur Michaël Foessel

Bien malin celui ou celle qui peut dire avec certitude à quoi ressemblera la vie d'après. Assistera-t-on à un changement de paradigme radical débouchant sur un monde plus solidaire, plus conscient de ses responsabilités et moins obsédé par le profit et la consommation frénétique? Ou passé l'émoi de l'état d'urgence sanitaire, et une fois éloignée la perspective de la mort, se réveillera-t-on dans le même lit néolibéral qu'avant, et même peut-être "un peu plus pire", comme le pronostique joyeusement l'oracle Michel Houellebecq?

Décidément, il faut avoir les nerfs solides en ce moment. On joue sa vie et celle de sa progéniture rien qu'en désherbant son jardin (merci Monsanto, grand pourvoyeur de glyphosate) et on risque sa peau à chaque fois qu'on entre dans un tunnel ou qu'on monte sur un viaduc bruxellois. Et comme si ces pièges de la vie quotidienne ne suffisaient pas, voilà que la haine fait son nid de Berlin à Vienne en passant par Budapest.

"Aujourd'hui, tout est changé, le silence même prend un sens redoutable." Les mots de Camus datent de 1957 mais vont comme un gant à notre époque hautement anxiogène.