Tout sur Damon Lindelof

Dans son brillant essai Apocalypse Show, Anne-Lise Melquiond analyse le corpus des séries US catastrophistes. Entre zombies et holocaustes nucléaires ou surnaturels se profile une nation hantée par les traumas de son Histoire.

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L'adaptation par Damon Lindelof (Lost, The Leftovers) du comics culte d'Alan Moore et Dave Gibbons ne garde que des ancrages ténus (mais essentiels) avec les pages éditées entre 1986 et 1987 chez DC et leur version ampoulée signée Zack Snyder au cinéma (2009).

Si le racisme pouvait être éradiqué avec des arguments cartésiens, cela se saurait. Mais parce qu'il se nourrit de fantasmes, de stéréotypes et de sentiments grégaires comme la peur de l'inconnu, son blindage résiste aux assauts les plus rationnels. Qu'ils soient juridiques, économiques ou moraux.

Nos quotidiens masqués donnent aujourd'hui une résonance insolite à L'adaptation par Damon Lindelof du comic culte de Alan Moore et Dave Gibbons.

Alors que des séries proprement politiques se sont faites rares, la matière a été déconstruite et racontée au travers de fictions qui ne portaient pas nécessairement la chose publique dans leur ADN.

Le 4 juin 2017, The Leftovers clôturait sa troisième saison sur une note amère. Le maître de la pop Pacôme Thiellement et la chercheuse Sarah Hatchuel décryptent dans leur ouvrage la série devenue phénomène.

Après trois saisons éprouvantes pour le policier/messie Kevin et sa promise Nora, The Leftovers est arrivé à son terme, dans un flot de larmes. Son créateur, Damon Lindelof, a réussi ce qu'il avait loupé sur Lost: une fin magistrale.