Tout sur Cynthia Fleury

Je ne dois pas être le seul à ressentir ces derniers jours une grande lassitude. Sport, lecture, promenade... rien n'y fait, un entêtant "à quoi bon?" vient systématiquement gripper mes pensées.

S'il y a une profession qui n'a pas chômé pendant ces deux mois de confinement, à côté des soignants, caissières et livreurs de colis, ce sont les philosophes. Face à l'inconnu, ils ont été appelés à la rescousse pour mettre un peu de sens dans la pagaille générale. Et notamment nous aider à comprendre les enjeux épistémologiques de cette crise qui a chamboulé nos vies quotidiennes, nous confrontant à des situations inédites potentiellement déstructurantes et angoissantes.

À ceux qui lui reprochaient ses éternels retards aux rendez-vous qu'elle leur fixait, la romancière et essayiste américaine Susan Sontag avait l'habitude de rétorquer: "Je n'en peux rien si les gens sont assez stupides pour ne pas emporter un livre avec eux."

Peut-on changer un monde qui part en sucette par la seule force de la pensée? Alors que certains se jettent héroïquement dans la mêlée pour sauver quelques miettes (en optant par exemple pour le militantisme ou l'associatif), que d'autres n'ont plus le courage de se battre et sombrent corps et âme dans la spirale dépressive, une troisième voie gagne aujourd'hui du terrain, celle de l'autohypnose.