Article du magazine
Laurent Raphaël

S'il y a une profession qui n'a pas chômé pendant ces deux mois de confinement, à côté des soignants, caissières et livreurs de colis, ce sont les philosophes. Face à l'inconnu, ils ont été appelés à la rescousse pour mettre un peu de sens dans la pagaille générale. Et notamment nous aider à comprendre les enjeux épistémologiques de cette crise qui a chamboulé nos vies quotidiennes, nous confrontant à des situations inédites potentiellement déstructurantes et angoissantes.

Article du magazine
Laurent Raphaël

Les musées ont commencé à rouvrir leurs portes. Une bonne nouvelle. Profitons-en. Courons au Musée de la photographie de Charleroi, au BPS22, au BAM ou à Bozar nous aérer l'esprit... Mais cette bouffée d'oxygène ne suffira pas à apaiser la colère d'un secteur, la culture, qui a été purement et simplement abandonné par le politique.

Article du magazine
Laurent Raphaël

Bien malin celui ou celle qui peut dire avec certitude à quoi ressemblera la vie d'après. Assistera-t-on à un changement de paradigme radical débouchant sur un monde plus solidaire, plus conscient de ses responsabilités et moins obsédé par le profit et la consommation frénétique? Ou passé l'émoi de l'état d'urgence sanitaire, et une fois éloignée la perspective de la mort, se réveillera-t-on dans le même lit néolibéral qu'avant, et même peut-être "un peu plus pire", comme le pronostique joyeusement l'oracle Michel Houellebecq?

Le Vif
Laurent Raphaël

La culture est un bien de première nécessité, mais une nouvelle fois, le Conseil national de sécurité n'a rien proposé de tangible, mercredi. Humiliant, alors que le secteur attendait un traitement de choc. La confiance est rompue.

Carte blanche

La pianiste belge Eliane Reyes adresse une lettre à Bénédicte Linard, ministre francophone de la Culture, pour que soit reconnu officiellement le métier de musicien professionnel. Et qu'on institue pour la profession l'équivalence d'un Ordre des médecins.

Article du magazine
Laurent Raphaël

À la manière de Charly Delwart, on fait notre inventaire personnel, mais pour la durée du confinement. Chacun pouvant s'amuser à déceler derrière les chiffres les obsessions, les vices, les déviances, et les comparer à sa propre échelle...

Article du magazine
Laurent Raphaël

La culture souffle le chaud et le froid en ce moment. Surtout le froid, en fait. Depuis deux semaines, notre boîte mail ressemble à un cimetière où s'entassent les cadavres des concerts, spectacles et festivals qui n'auront pas lieu d'ici à, au mieux, septembre. Kunst, BSF, Couleur Café, BIFFF, Werchter, Avignon, Tomorrowland, etc. Des faire-parts qui s'ajoutent à ceux annonçant le départ précipité et définitif de ténors des Arts et des Lettres, fauchés eux aussi par le Covid-19, comme l'écrivain Luis Sepúlveda ou le flambeur mélancolique Christophe.

Carte blanche

Ces derniers jours (et je crains que ce ne soit qu'un début), je lis, j'entends et je partage les appels aux secours du secteur culturel face au confinement et ses conséquences. Si la situation des artistes et techniciens et autres artisans de toutes corporations est bien entendu particulièrement catastrophique (du fait d'ailleurs aussi en partie de l'indifférence polie sans cesse renouvelée du monde politique - tous partis confondus - face à un "statut" qui n'en est toujours pas un) j'avoue ma frustration face à ces revendications légitimes, nécessaires, mais peut-être pas suffisantes.

Carte blanche

L'impact de la crise du coronavirus sur notre société s'accroît et se précise jour après jour. Alors qu'il y a encore toujours environ 6.000 patients pris en charge dans nos hôpitaux, les premières réflexions sur la vie après le confinement sont en cours. Le circuit des festivals, clubs de musique et salles de concerts belges subit de grandes pertes à la suite de cette crise, mais le circuit veut aussi réfléchir de manière constructive et créative aux options à entrevoir une fois que nous pourrons reprendre le fil de la vie normale.

Article du magazine
Laurent Raphaël

Quand le confinement est devenu réalité le 18 mars dernier, un sentiment de panique et d'effroi s'est propagé comme une traînée de poudre dans la population. Avec plus ou moins d'intensité, chacun s'est mis à redouter cette expérience inédite du vide et du silence que l'on associe instinctivement à la réclusion. Une crainte viscérale qui a d'ailleurs poussé certains à remplir dans l'urgence leurs frigos et leurs placards pour conjurer symboliquement la peur du manque.

Carte blanche

Si sa durée reste à déterminer, la pandémie que nous traversons modifiera sans aucun doute les rouages de certains secteurs. Nancy Delhalle, professeur à l'Université de Liège délivre une carte blanche dans laquelle elle pointe du doigt les futurs défis qui attendent l'industrie de la culture.

Article du magazine
Laurent Raphaël

Deux semaines et des poussières sous le signe de l'état d'urgence. Après l'excès de confiance crâneuse des premiers jours, symbolisée par ces pelouses ensoleillées prises d'assaut par des citadins déjà confinés tout l'hiver, après la sidération tétanisante qui a vite suivi, déclenchée par la prise de conscience brutale de la gravité de la situation à mesure que tombaient les chiffres et que circulaient les images de villes italiennes fantômes et de corps inertes allongés sur le ventre comme s'ils avaient été mis en hibernation pour un voyage spatial, après ce premier épisode donc où "la vie normale" a basculé, place à présent à une angoisse plus sourde, plus visqueuse.

Article du magazine
Laurent Raphaël

À chaque menace d'envergure planétaire -Tchernobyl en 1986, les attentats hier, le coronavirus aujourd'hui-, parler d'autre chose, du temps qu'il fait ou de l'usage de l'adjectif chez Proust, paraît un peu vain, un peu déplacé, un peu indécent même. Plus rien ne compte que le danger imminent, qu'il soit réel ou fantasmé, même si l'on sait pertinemment bien que vérifier toutes les cinq minutes la progression de la contamination sur son smartphone ne va pas aider à résoudre le problème. Et encore moins à se sentir mieux.