La mi-temps du Super Bowl est, après ses traditionnelles pubs-mastodontes, la seule raison pour laquelle les Américains qui n'en ont rien à faire du football (américain, on s'entend bien) restent scotchés en masse à leur écran de télé pour sa finale annuelle.
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La mi-temps du Super Bowl est, après ses traditionnelles pubs-mastodontes, la seule raison pour laquelle les Américains qui n'en ont rien à faire du football (américain, on s'entend bien) restent scotchés en masse à leur écran de télé pour sa finale annuelle.2004 a été l'année de la fameuse "wardrobe malfunction" de Janet Jackson et Justin Timberlake -beaucoup d'encre a coulé pour un nichon à l'air. L'an dernier, c'est Beyoncé qui a fait l'événement en se positionnant clairement en faveur du mouvement Black Lives Matter, des Black Panthers et de Malcolm X. Cette année, Lady Gaga s'est plainte que les organisateurs lui demandent de ne pas mêler la politique à son show, mais a laissé savoir qu'elle restait ouverte s'ils s'en tenaient au contrat. Durant une conférence de presse, elle avait en outre promis qu'elle prônerait les principes de tolérance et d'égalité. Celle qui avait soutenu Hillary Clinton durant sa campagne -en paroles et en actes- a finalement décidé, au grand soulagement des uns et à la défaveur d'autres, qu'elle ne profiterait pas de la plateforme pour faire passer un message politique. Par ailleurs, l'organisation a par ailleurs nié avoir imposé le silence politique à Gaga.En pratique, on a eu droit à un show patriotique ouvert aux valeurs européennes. Lady Gaga a chanté des extraits de God Bless America, mais aussi de la protest song This Land Is Your Land de Woody Guthrie, depuis le toit du stade, avant de s'élancer en son milieu, solidement harnachée. En entonnant ensuite Born This Way, son hymne à la tolérance (sexuelle), elle est la première à évoquer le mot "transgenre" dans l'enceinte du Super Bowl, comme le fait remarquer le Guardian. Mais elle s'est abstenue de s'adresser directement à Donald Trump. "On est ici pour vous faire vous sentir bien", a-t-elle entonné, avant de saluer ses parents, comme pour montrer qu'elle parlait bien de fun et non pas de politique.S'ensuit une chorégraphie en toute démesure, sur une sorte de Greatest hits sous speed, qui a en tout cas prouvé qu'elle avait de la condition physique. Elle s'est ensuite réfugiée derrière le piano pour A Million Reasons, heureuse et à bout de souffle.La foule du NRG Stadium de Houston a paru conquise, et les réactions ne se sont pas fait attendre sur Twitter. Contrairement à ce qui s'est dit, Forbes assure que Lady Gaga n'a pas été payée à coups de millions de dollars. "Nous ne payons pas les artistes, leur a expliqué Joanna Hunter, porte-parole de la NFL, nous couvrons seulement les dépenses et coûts de production." Si ceux-ci se sont élevés de 600.000 dollars à 10 millions au cours des différentes éditions, le "cachet" de l'artiste serait "uniquement" son exposition médiatique. Comme par hasard, au lendemain de sa performance, Lady Gaga annonçait sa tournée mondiale, qui passera par le Sportpaleis anversois le 1er octobre prochain...