24 groupes à l'affiche ce jeudi. Jamais à première vue Werchter n'avait proposé autant de concerts sur une seule et même journée. La raison est simple. Elle s'appelle The Slope. Une quatrième scène inaugurée cette année et censée faire place aux "jeunes loups, aux étoiles de demain et aux découvertes des programmateurs." Le festival comptait déjà depuis quelques années cette espèce de montagne verte au milieu de son site. Genre entre la piste de ski et l'ère de mini golf en pente. Une scène, intime, est dorénavant accrochée à son flanc. Avec, il faut bien l'avouer, entre les odeurs de poissons frits et de crème solaire, pas grand-chose à s'y mettre sous la dent.
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24 groupes à l'affiche ce jeudi. Jamais à première vue Werchter n'avait proposé autant de concerts sur une seule et même journée. La raison est simple. Elle s'appelle The Slope. Une quatrième scène inaugurée cette année et censée faire place aux "jeunes loups, aux étoiles de demain et aux découvertes des programmateurs." Le festival comptait déjà depuis quelques années cette espèce de montagne verte au milieu de son site. Genre entre la piste de ski et l'ère de mini golf en pente. Une scène, intime, est dorénavant accrochée à son flanc. Avec, il faut bien l'avouer, entre les odeurs de poissons frits et de crème solaire, pas grand-chose à s'y mettre sous la dent. Huîtres, fish and chips, propositions veggie... On voit à la carte le vieillissement de la population et la santé de son portefeuille. Si les Vaccines font un peu peine à voir, bien tristounets et sans intérêt sur la grande scène, d'autres ne tirent pas trop mal leur épingle du jeu. Black Angus. Au-dessus du stand de hamburgers, sur un écran géant, débarquent les mecs (et la fille) du Black Rebel Motorcycle Club. A la Barn, moins un gros chapiteau qu'une gigantesque salle de concerts au milieu des prés (115 mètres de long, 60 mètres de large et une capacité de 20.000 personnes), les fans de Marlon Brando balancent un set ramassé, tiennent la route et sont même encore capables de brûler le bitume. Spread Your Love, Whatever Happened to my Rock'n'Roll (Punk Song)... Le rock va mal. Le rock est mort. Pas spécialement à en juger par le concert des Queens of the Stone Age. Impossible de ne pas se souvenir de leur prestation au même endroit avec le Nirvana Dave Grohl à la batterie en 2002. C'était du temps de Songs for the Deaf certes. Mais aujourd'hui Josh Homme et sa bande sont plus fringants que leurs disques. Même leurs chansons les moins convaincantes, celles qui les font ressembler à Franz Ferdinand, semblent parler aux 85000 festivaliers. Go With the Flow, No One Knows, Burn The Witch, In The Fade, The Lost Art Of Keeping A Secret... Gig de festival. Le set est un méga best of d'une heure trois quart. Avec, enfin, un petit peu d'humour et de spontanéité dans ce monde surcadré et aseptisé. Josh Homme dédie The Evil Has Landed à Gorillaz. Invite sur scène Spider-Man en mode crowdsurfing. Et semble tout fier de la pancarte "We fuck to Queens of the Stone Age" aperçue dans le public. Ca change des bonjour, au revoir et merci. Puis aussi des Irlandais à la musique affreuse (The Script) qui se promènent en maillot des Diables rouges... A Song For The Dead achève le meilleur concert de la journée. On s'incline encore en 2018 devant les Reines de l'âge de pierre.Nostalgie. Vous avez dit nostalgie? Entre le retour pas honteux ni transcendant d'At The Drive-In (cinq morceaux de son classique Relationship of Command tout de même) et le vieux grunge d'Alice in Chains où Jerry Cantrell et William DuVall (le remplaçant de feu Layne Staley) se sont fait installer des iPad sous le nez au cas où ils auraient un petit trou de mémoire, ce Rock Werchter n'est quand même pas de première jeunesse. Dans le public, ça parle de revanche sur le Brésil (16 ans qu'on l'a en travers de la gorge) et des 40 ans à Londres de The Cure... Logique.Gorillaz Band, Gorillaz Crew, Gorillaz Production, Gorillaz Management... Les réseaux internet disponibles laissent entrevoir l'ampleur de la machine. Vince Staples et Little Simz ont déjà presté de l'après-midi... Damon Albarn est venu avec ses protégés dans ses valises. Quand la smala (choristes, guests et tout le tralala) débarque sur scène, il est déjà minuit et quart. De La Soul, Jamie Principle, Bootie Brown et Peven Everett se succèdent au micro (victoire de Little Simz)... Le coeur du set balance entre Demon Days et The Now Now, le nouvel album du plus célèbre des groupes virtuels. Il y a des creux comme sur une mer agitée mais la vibe y est. L'ancien Blur adresse un clin d'oeil à Eden Hazard dans les paroles de Kids With Guns. Si même Gorillaz maintenant est du côté des Diables...