Ata Kak

Il a travaillé dans les champs. Eté professeur d'anglais, chef cuisinier et batteur dans un groupe de reggae. Né il y a 59 ans à Kumasi, Atta-Owusu en a fait du chemin pour se retrouver un dimanche dans le Castello du Pukkelpop à faire suer les lève-tôt. En 2002, lors d'un voyage au Ghana, l'Américain Brian Shimkovitz achète en cassette le seul et unique album d'Ata Kak à un vendeur ambulant. Le serial digger part à la recherche de son mystérieux auteur (un reportage audio de la BBC raconte le périple). En fait le premier post de son blog Awesome Tapes from Africa et le sortira même quelques années plus tard sur son label. Désireux de mettre en lumière les vraies musiques africaines. Relativement rare en scène, Ata Kak mélange highlife, hip hop et funk avec une joie communicative et des musiciens aussi emballés que lui. Vivifiant.
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Il a travaillé dans les champs. Eté professeur d'anglais, chef cuisinier et batteur dans un groupe de reggae. Né il y a 59 ans à Kumasi, Atta-Owusu en a fait du chemin pour se retrouver un dimanche dans le Castello du Pukkelpop à faire suer les lève-tôt. En 2002, lors d'un voyage au Ghana, l'Américain Brian Shimkovitz achète en cassette le seul et unique album d'Ata Kak à un vendeur ambulant. Le serial digger part à la recherche de son mystérieux auteur (un reportage audio de la BBC raconte le périple). En fait le premier post de son blog Awesome Tapes from Africa et le sortira même quelques années plus tard sur son label. Désireux de mettre en lumière les vraies musiques africaines. Relativement rare en scène, Ata Kak mélange highlife, hip hop et funk avec une joie communicative et des musiciens aussi emballés que lui. Vivifiant.Protégés des Parquet Courts (leur premier d'album a d'ailleurs été enregistré en compagnie du guitariste et chanteur de ces derniers Austin Brown), les New-Yorkais de Bodega donnent des coups de pieds dans la fourmilière post punk. Sortis du milieu de l'art et du cinéma avant-gardiste, du genre à réaliser un docu sur une cam girl sado maso entre deux tournées, le gang de Bushwick connaît son The Fall et son Wire. Se fend de manifestes anti technologie et de critiques socio culturelles. Nerveux, fébrile, différent. Pendant que les ados étaient en pâmoison devant Billie Eilish, idole à l'ascension fulgurante de la jeune génération, les vieux (et il y en avaient pas mal finalement ce week-end) se sont retrouvés à pleurer Sharon Jones et Charles Bradley. Consolés par Durand Jones et ses Indications. Le groupe américain fait dans la soul à papa. Réveille les fantômes toujours aussi sensuels de Sam Cooke et de Marvin Gaye. Ce n'est pas du Daptone mais ça le fait quand même. Certes, son dernier album est plus minimaliste que le précédent. Résulte d'une collaboration avec un Rick Rubin prônant comme avec Johnny Cash la carte du dépouillement. Mais Kate Tempest connaît le poids des mots. Sait les faire claquer au visage. Les cracher avec classe et conviction à la tête d'un monde malade."The racist is drunk on the train. The Racist is drunk on the internet. The racist is drunk at my dinner table. Shouting is gun shots and killing us all. They still live. This kind and their dead are still living. And yes, the anger is rising..." On ne l'aurait pas mieux dit...Au Pukkelpop, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Au Booth, la plus petit scène répertoriée du festival où nous a emmenés le vent et la voix mélomane du nord, Bamba Pana & Makavali font découvrir le Singeli tanzanien. Une musique d'épileptique (300 beats par minute) qui vous fabriquera un fessier à faire pâlir Jean-Claude Van Damme et ses noisettes. Elle n'a plus sorti de disque depuis cinq ans mais Kelis qui entre dans la quarantaine cette semaine est une machine à tubes. Et ne met d'ailleurs pas que ses propres morceaux dans le jukebox. Got Your Money, Trick Me, Caught Out There (et son fameux I Hate You so much right now)... L'ancienne femme de NAS a démontré qu'elle avait plus que de beaux restes. Son milkshake est meilleur que le tien et les festivaliers ne s'y sont pas trompés..Est-ce du côté de l'Asie et plus particulièrement du Japon qu'il s'en faut aller chercher la scène indépendante de demain? De plus en plus d'artistes aux yeux bridés et aux idées sans oeillères pointent en tout cas le bout de leur nez sur les scènes européennes. Originaires de Tokyo, les cinq chevelus de Kikagaku Moyo (certains se cachent derrière le label Guruguru Brain) ont réussi leur coup avec un rock psychédélique tantôt flottant, tantôt franchement sauvage. Ici, les instruments voyagent. Le kraut batifole avec des sonorités orientales. Kikagaku Moyo fait de la musique pour que les gens planent. Solution bio sans effets indésirables. Toutes les bonnes choses ont une fin. Et c'est un peu comme on l'avait commencé qu'on a terminé notre été festivalier. A Werchter, Tony Allen avait débarqué avec The Good The Bad and the Queen et un Damon Albarn surexcité. Au Pukkelpop, la légende de l'afrobeat accompagnait ni plus ni moins qu'un pionnier de la techno en la personne de Jeff Mills. Champions du rythme, icônes de la musique contemporaines... Accompagnés du Français Jean-Philippe Dary au clavier, l'ancien batteur de Fela Kuti et celui qu'on surnommait jadis The Wizard (le magicien) ont mis en transe un public prêt à jeter ses dernières forces dans la bagarre. Jazz funk africain versus techno pure et symphonies électroniques. De Lagos à Detroit, un final étonnant qui vaut tous les feux d'artifice.