Ce week-end, c'était mon anniversaire Twitter et pour l'occasion, j'ai décidé de tout bien nettoyer. J'ai viré les politiques, les militants et même quelques rigolos. J'ai effacé pas mal de publications et je m'y suis anonymisé, ne comptant plus rien y poster et ne cherchant plus à y être suivi. J'utilise désormais surtout Twitter comme un télex, pour nourrir le boulot et découvrir de la culture. Rien à foutre du débat "citoyen", de la foire d'empoigne permanente, des blagues débiles déjà ringardes au bout de dix minutes. Marre des député.e.s Ecolo qui s'expriment surtout en GIFs, de Georges-Louis Bouchez, de la cancel culture, de ceux qui la pratiquent tout en niant son existence comme de ceux qui la subissent, pas toujours à tort. Marre de la toxicité du truc: No Fun! Là où j'ai en revanche pris pas mal de plaisir, c'est en redécouvrant ce dont j'avais bourré la section "J'aime" de mon compte Twitter. J'ai en effet toujours utilisé cette fonction moins pour marquer mon approbation que pour mettre de côté des liens à lire et/ou écouter plus tard. Ce que je n'ai, bien évidemment, que rarement fait. Jusqu'à ce week-end du moins, où j'ai enfin pris le temps de lire les articles au bout des liens et d'écouter la musique sous laquelle j'avais impulsivement placé un petit coeur sans pourtant savoir de quoi il en retournait vraiment.
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Ce week-end, c'était mon anniversaire Twitter et pour l'occasion, j'ai décidé de tout bien nettoyer. J'ai viré les politiques, les militants et même quelques rigolos. J'ai effacé pas mal de publications et je m'y suis anonymisé, ne comptant plus rien y poster et ne cherchant plus à y être suivi. J'utilise désormais surtout Twitter comme un télex, pour nourrir le boulot et découvrir de la culture. Rien à foutre du débat "citoyen", de la foire d'empoigne permanente, des blagues débiles déjà ringardes au bout de dix minutes. Marre des député.e.s Ecolo qui s'expriment surtout en GIFs, de Georges-Louis Bouchez, de la cancel culture, de ceux qui la pratiquent tout en niant son existence comme de ceux qui la subissent, pas toujours à tort. Marre de la toxicité du truc: No Fun! Là où j'ai en revanche pris pas mal de plaisir, c'est en redécouvrant ce dont j'avais bourré la section "J'aime" de mon compte Twitter. J'ai en effet toujours utilisé cette fonction moins pour marquer mon approbation que pour mettre de côté des liens à lire et/ou écouter plus tard. Ce que je n'ai, bien évidemment, que rarement fait. Jusqu'à ce week-end du moins, où j'ai enfin pris le temps de lire les articles au bout des liens et d'écouter la musique sous laquelle j'avais impulsivement placé un petit coeur sans pourtant savoir de quoi il en retournait vraiment. Tout a commencé le 25 juin dernier par un post sur Instagram où l'acteur new-yorkais Michael Imperioli a partagé son amour pour Loveless, le classique shoegaze sorti en 1991 par le groupe irlandais My Bloody Valentine. Ce qui a provoqué, à son niveau, un véritable buzz! Que le Christopher Moltisanti des Sopranos soit une vraie graine d'Inrockuptible n'a pourtant rien de surprenant. Après tout, en 1999 déjà, on lui devait le scénario de Summer of Sam, ce film de Spike Lee qui dépeint bien davantage le New York punk et disco de 1977 que les frasques du serial-killer qui donne son nom au titre. Il y a deux ans, Imperioli a également sorti un premier roman, The Perfume Burned His Eyes, assez vénalement traduit en français par Wild Side, où Lou Reed en personne tient un rôle important. Une certaine idée du rock and roll donc, à l'esthétique arty et noisy. Prestance, buzz, grosse fan-base planétaire et goûts sûrs, il n'en fallait sans doute pas plus pour que l'acteur se voie dans la foulée proposer une émission sur NTS, la radio Internet londonienne. Seulement une grosse quinzaine de jours après le post sur Instagram, c'était emballé. Le show a pour titre "632 Elysian Fields" et, pour sa première livraison, a aligné, entre autres, Charlie Mingus, Unrest, B-52's et Morrissey. La présentation en est encore un peu raide et les longs morceaux privilégiés mais on voit d'ici Imperioli se détendre pour la suite, trouver ses marques et se mettre à partager ses souvenirs de concerts de Slowdive, Sonic Boom et Moe Tucker. Yes, more from the wild side, please! Drôle de carrière que celle de Paul Webb, alias Rustin Man. Durant les années 80, la période la plus rentable du groupe, il est bassiste chez Talk Talk. Ensuite très occupé mais occupé loin des radars, il ne revient au premier plan qu'en 2002, lorsqu'il co-signe le pur chef d'oeuvre de Beth Gibbons, l'album Out of Season. Il faudra ensuite attendre 2019 pour qu'il revienne une nouvelle fois vers la lumière, avec l'impeccable Drift Code, un premier album solo dont la sortie est toutefois quelque peu peu éclipsée par le décès de Mark Hollis, le chanteur de Talk Talk, dont on lui parle plus en promo que de son disque. Un an plus tard, le karma est lui aussi un peu bousillé pour Clockdust, deuxième solo toujours impeccable, sorti cette fois en pleine crise du Covid-19, cette période où le catimini prévaut pour 95% de la production culturelle mondiale. N'en demeure pas moins que Webb, qui est un peu le Terrence Malick de la musique, reste un personnage passionnant. En témoignent donc ses albums mais aussi cette excellente sélection datée d'avril 2020 de morceaux qu'il considère comme influents sur son travail. Folk anglais, funk africain, synth-disco gay, guitares twang, reggae... Ouvrez bien vos cages à miel, voilà l'éclectisme le plus enthousiasmant qui sonne à votre porte! Suite à quelques épisodes de Black Mirror et à l'écoute de scientifiques multi-diplômés bien que cinglés chez Joe Rogan, on peut en être arrivés à penser que l'immortalité humaine n'en est plus qu'à quelques années de sa mise sur le marché. C'est que quelques entreprises spécialisées nous survendent de plus en plus l'idée de scanner votre cerveau, votre mémoire et votre personnalité afin de transférer le tout dans une simulation où continuer à vivre, aimer, expérimenter et prospérer à jamais, vu que la mort n'y serait pas programmée. Sauf que comme nous l'explique cet article du Guardian d'octobre 2019, votre mémoire dans ce cloud, ça ne sera pas vous. Ce sera plutôt une sorte d'avatar, qui aurait sa vie propre, indépendante. Un jumeau informatique, dans un monde artificiel. Avec qui vous pourriez éventuellement communiquer. Mais ce n'est pas vous et ça ne sera jamais vous. L'article du quotidien britannique l'illustre très bien par la lettre "Y". Un tronc commun, puis deux branches différentes, qui s'éloignent l'une de l'autre. Votre avatar serait donc en principe éternel, capable d'explorer le moindre recoin de sa simulation, du moins tant que celle-ci "tourne". Mais pas vous, puisque vous vivez dans une réalité où la mort est inéluctable, même si on allonge un jour considérablement l'espérance de vie. Autrement dit, ce que l'on nous survend comme une promesse d'immortalité "virtuelle" est en fait juste un putain de gadget narcissique déstabilisant de plus, quelque chose qui tient en tous cas plus du Tamagotchi que de Christophe Lambert dans Highlander. Ce qui, personnellement, me dégoûte certes, mais me rassure surtout, je dois bien avouer... Évidemment, quand on s'embarque dans ce genre de prise de tête existentielle et vertigineuse, on en vient forcément à se demander si on ne vivrait pas déjà dans une de ces simulations. Nous serions tous la branche gauche d'un "Y", des artefacts de quelque chose qui continuerait sa vraie vie, heu... ailleurs. Une simulation où l'on meurt mais une simulation quand même. Je vous le dis tout de suite: je n'ai plus tiré sur un joint depuis 1999 et cette théorie a beau ressembler à une discussion de trois heures du mat après le dernier quart de space-cake, elle intéresse en fait de très sérieux scientifiques, comme le rapporte cet article d'avril 2018 du New Yorker, pas non plus un magazine porté sur la pignolade. Un papier où il est aussi question de provoquer des expériences de morts imminentes artificielles afin de changer la vie des gens. Ce qui fait par ailleurs reconsidérer les bases de ce que l'on tient pour la réalité. C'est le New Yorker donc, pas du tout Pierre Bellemare, alors arrêtez de ricaner, lisez et ne dormez ensuite plus trois nuits durant, tout en essayant d'avaler autre chose que vos ongles. Parce que là, ça ne me rassure pas du tout. Mais alors vraiment pas...Une bonne grosse couillonnade pour décompresser: saviez-vous qu'en mai 2019, Pete Doherty s'est battu avec un hérisson? Toujours pas remis? Il ne vous reste alors qu'à découvrir le Dadosaur, complètement inconnu ou presque il y a deux mois et véritable mastodonte sur TikTok depuis. Le principe? Un type qui, pour faire rire ses filles durant la pandémie, se transforme en bête féroce et folle dès qu'on l'appelle "dadosaur". C'est complètement crétin mais ça m'a tellement fait rire et ensuite tousser que je pense bien que tout le quartier va être remis en quarantaine! Un conseil: avant de lancer les vidéos, fermez les fenêtres!