Désormais, pour faire partie des Innocents, on présume qu'il faut être parisien, porter un prénom composé et être de taille moyenne. Naître en 1962, c'est bien aussi. Jean-Philippe Nataf -Jipé- et Jean-Christophe Urbain -Jean-Chri- partagent également les origines d'une classe moyenne française, père médecin pour le premier, commercial pour le second. Avec une madeleine persistante d'anglophilie prononcée, particulièrement beatlesienne, qui ramène donc inévitablement au temps qui file comme du sable dans une paume ouverte. "Oui, le temps qui passe nous pend au nez", rigole Jean-Chri, aussitôt repris en chorus par Jipé. "Faut pas oublier que notre deuxième single, en 1988 (...) s'appelait Et le temps n'attend pas. Mais là, on fantasmait ce qu'on allait en penser plus tard. À l'époque, c'était juste un thème à aborder dans une chanson, comme l'amour. Histoire de faire voyager les gens. Aujourd'hui, c'est plutôt quelque chose que l'on porte sur le visage, mais aussi dans nos artères et notre façon de travailler (sourire)." C'est en 1988 aussi que Jean-Chri intègre -initialement aux claviers- Les Innocents, fondé par Jipé six années auparavant. Alors un vrai groupe dont l...