Sur la pochette, une peinture de la jeune illustratrice allemande Angela Dalinger, un drôle de moustachu aux poils hirsutes en chaussettes et calbut pose au milieu de bouteilles d'alcool à moitié vides (ou pleines, tout dans la vie est question d'optimisme) sur un ours blanc transformé en carpette. GaBLé a toujours eu un sens particulier de l'exotisme et de l'association d'idées... GaBLé a toujours aimé la pop à rebondissements. Celle des coups de volant et des accidents, du coq à l'âne et des passages secrets. Celle qui prend l'oreille à revers mais jamais à rebrousse-poil. Parce qu'il y a chez ces trois Caennais, dans leur art périlleux de la déconstruction et leurs savants secrets de fabrication, un sens inégalable de la mélodie, aussi alambiquée et bancale soit-elle.

On l'a compris depuis un bout de temps maintenant, les zigotos bricolos de GaBLé sont les cousins normands d'Animal Collective, de Dan Deacon et de The Books. Des empêcheurs de tourner en rond totalement décomplexés qui sortent la pop de sa torpeur dans un joyeux bordel organisé, artisanal et lo-fi. "GaBLé, c'est l'histoire de deux batteurs qui décident de jouer de la guitare et d'une fille qui a appris à jouer duclavier en collant des gommettes de couleur sur les touches", ont pris l'habitude de résumer Gaëlle Jacqueline, Mathieu Hubert et Thomas Boullay. Une anecdote qui définit plutôt bien la philosophie d'un trio spontané aux tubes tordus et à la fraîcheur depuis dix ans revigorante. Des gigantesques montagnes russes dans lesquelles s'éclatent Deerhoof, Pavement, Captain Beefheart, Architecture in Helsinki, Daniel Johnston, Beck et tant d'autres.

Pop art

Rock déglingué, pop foutraque et folk bric-à-brac. Hip hop dérangé, électro branque et punk génétiquement modifié. GaBLé redéfinit depuis dix ans les contours flous d'une certaine musique expérimentale. Une musique expérimentale qu'il a toujours voulue accessible et ludique. Sortant des sentiers balisés et brouillant les pistes le sourire malicieux et le regard rieur.

Flûte, trompette, saxophone, clarinette... Il n'y a pas que dans les genres que GaBLé touche à tout. Confectionné avec une dizaine d'amis (musiciens, choristes, techniciens), JoLLy TRouBLe a l'humeur jouette et les couleurs changeantes. Il y a la pop ensoleillée du titre d'ouverture On Purpose et du premier single Tropicool, des joyeuses chansons de dessins animés gentiment barjots. Il y a How Long et sa dynamique pixiesienne. Des ambiances pratiquement de science-fiction aussi avec Porti (GaBLé avait pour la petite histoire joué il y a deux ans au Louvre avec Rubin Steiner à l'occasion d'un ciné-concert sur le thème de l'inquiétante étrangeté), des micro-ballades au piano (Virgule), des choeurs à la Fleet Foxes (Youngsters) et des bidouillages électroniques (Decay Sustain). Cute Horse Cut (2011) gardera toujours une place de choix dans notre discothèque mais le trio caennais continue de chevaucher avec JoLLy TRouBLe les immensités tout sauf désertiques de la pop music.

DISTRIBUÉ PAR ICI D'AILLEURS.

LE 13/05 À L'ANTRE 2 (LILLE).

Sur la pochette, une peinture de la jeune illustratrice allemande Angela Dalinger, un drôle de moustachu aux poils hirsutes en chaussettes et calbut pose au milieu de bouteilles d'alcool à moitié vides (ou pleines, tout dans la vie est question d'optimisme) sur un ours blanc transformé en carpette. GaBLé a toujours eu un sens particulier de l'exotisme et de l'association d'idées... GaBLé a toujours aimé la pop à rebondissements. Celle des coups de volant et des accidents, du coq à l'âne et des passages secrets. Celle qui prend l'oreille à revers mais jamais à rebrousse-poil. Parce qu'il y a chez ces trois Caennais, dans leur art périlleux de la déconstruction et leurs savants secrets de fabrication, un sens inégalable de la mélodie, aussi alambiquée et bancale soit-elle. On l'a compris depuis un bout de temps maintenant, les zigotos bricolos de GaBLé sont les cousins normands d'Animal Collective, de Dan Deacon et de The Books. Des empêcheurs de tourner en rond totalement décomplexés qui sortent la pop de sa torpeur dans un joyeux bordel organisé, artisanal et lo-fi. "GaBLé, c'est l'histoire de deux batteurs qui décident de jouer de la guitare et d'une fille qui a appris à jouer duclavier en collant des gommettes de couleur sur les touches", ont pris l'habitude de résumer Gaëlle Jacqueline, Mathieu Hubert et Thomas Boullay. Une anecdote qui définit plutôt bien la philosophie d'un trio spontané aux tubes tordus et à la fraîcheur depuis dix ans revigorante. Des gigantesques montagnes russes dans lesquelles s'éclatent Deerhoof, Pavement, Captain Beefheart, Architecture in Helsinki, Daniel Johnston, Beck et tant d'autres. Rock déglingué, pop foutraque et folk bric-à-brac. Hip hop dérangé, électro branque et punk génétiquement modifié. GaBLé redéfinit depuis dix ans les contours flous d'une certaine musique expérimentale. Une musique expérimentale qu'il a toujours voulue accessible et ludique. Sortant des sentiers balisés et brouillant les pistes le sourire malicieux et le regard rieur. Flûte, trompette, saxophone, clarinette... Il n'y a pas que dans les genres que GaBLé touche à tout. Confectionné avec une dizaine d'amis (musiciens, choristes, techniciens), JoLLy TRouBLe a l'humeur jouette et les couleurs changeantes. Il y a la pop ensoleillée du titre d'ouverture On Purpose et du premier single Tropicool, des joyeuses chansons de dessins animés gentiment barjots. Il y a How Long et sa dynamique pixiesienne. Des ambiances pratiquement de science-fiction aussi avec Porti (GaBLé avait pour la petite histoire joué il y a deux ans au Louvre avec Rubin Steiner à l'occasion d'un ciné-concert sur le thème de l'inquiétante étrangeté), des micro-ballades au piano (Virgule), des choeurs à la Fleet Foxes (Youngsters) et des bidouillages électroniques (Decay Sustain). Cute Horse Cut (2011) gardera toujours une place de choix dans notre discothèque mais le trio caennais continue de chevaucher avec JoLLy TRouBLe les immensités tout sauf désertiques de la pop music.