1994. Pour la télé, dans un de ces concepts plus ou moins sensés -"T'as pas une idée pour JJ?"-, on décide d'emmener le coco au zoo d'Anvers. Raccord géographique à la ville où il joue le soir même dans la velourée Salle Reine Elisabeth. Et puis la visite du vivant bestiaire anversois ne semble pas vraiment étrangère à l'animal composite: lézard (la musique), primate (la pilosité), de discrète compagnie (peu loquace). Et puis, le premier album de JJ - Naturally, paru en 1972- met quand même en vedettes de pochette un chien et un raton laveur... "JJ aimait beaucoup les animaux et à San Diego, une ville qui mène un gros travail sur la préservation des espèces menacées, on vivait tout près de ce qui s'appelle aujourd'hui le Zoo Safari Park. Donc on fréquentait constamment des événements liés à la nature et aux animaux. Parce que quand JJ était en confiance avec les gens, il pouvait se montrer extrêmement bavard et amateur de conversations..." Christine Lakeland paraît moins que son âge (elle est de 1954) et parle de Cale avec affection et mélancolie. "D'ailleurs, il n'était pas forcément ce que son image ou sa musique dégageaient. Par exemple, il était avide de nouvelles technologies, curieux de tous les gadgets électroniques. Il adorait câbler des dispositifs entre eux pour voir quel son sortirait de sa guitare. C'était un homme qui aimait expérimenter avec les sonorités comme un peintre qui cherche ses couleurs. Son talent, sa magie, faisaient croire que ses chansons étaient le résultat d'une immédiateté, d'une facilité, mais le travail derrière tout ça était important."
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