Cette semaine, pour le travail, j'ai dû m'intéresser au cas Eddy de Pretto. Je dois bien avouer que je ne connaissais pas, que je confondais même ce jeune homme avec Mac DeMarco. "Il donne l'impression de sortir de nulle part alors qu'en fait, c'est très préparé, avec un EP déjà prêt avant que ne sorte le premier morceau et déjà trois clips tournés avant même la première radio", m'a-t-on expliqué dans le briefing, pour le coup très informé, me conseillant aussi de lire un article du magazine français Les Echos détaillant les méthodes commerciales d'Initial, "l'incubateur derrière la révélation Eddy de Pretto". J'ai trouvé ce papier assez dingue, de nature à confirmer l'impression tenace que les meilleurs articles sur les buzz musicaux se lisent désormais dans la presse économique. Je me suis aussi enfilé quelques clips et bon, il me semble tout de même assez évident qu'on essaye là de nous vendre un deuxième Stromae, comme on le fit jadis avec quelques tonnes de Massive Attack de second ordre, bref, que l'on exploite un filon. Est-ce que ce mec a une carrure de Portishead ou restera-t-il simplement un équivalent à Mandalay et Ruby, tentatives de gloires trip-hop dont la semi-notoriété a duré deux minutes trente, douche comprise? On verra bien. De toute façon, ce n'est pas très important. Il y a mieux, il y a pire, rien ne sert de s'empoigner.
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