Dour, comme tout festival, est une affaire de tribus nomades. L'événement hennuyer se vit en groupe et imprime un instantané du baromètre des amitiés et relations amoureuses. Larges, soudées, restreintes ou morcelées, ces meutes aux formes et aux couleurs hétéroclites accouchent donc de choix de vie douloureux. Vit-on différemment un festival en mélangeant conjoint(e) et amis proches? Est-il envisageable d'abandonner son groupe d'ami(e)s pour aller voir, seul(e) un artiste? Les réponses des festivalie...

Dour, comme tout festival, est une affaire de tribus nomades. L'événement hennuyer se vit en groupe et imprime un instantané du baromètre des amitiés et relations amoureuses. Larges, soudées, restreintes ou morcelées, ces meutes aux formes et aux couleurs hétéroclites accouchent donc de choix de vie douloureux. Vit-on différemment un festival en mélangeant conjoint(e) et amis proches? Est-il envisageable d'abandonner son groupe d'ami(e)s pour aller voir, seul(e) un artiste? Les réponses des festivaliers sont implacables. L'Organisation Mondiale de la santé estimait, il y a quelques années, que ne pas avoir un cercle d'amis proches peut nuire à la santé. Mais certains sont prêts à se retrouver seul. A quitter le confort du groupe, par dévotion envers un artiste qu'ils sont les seuls à vénérer. "Aux Ardentes, j'avais été voir Lil Pump, je n'ai pas regretté d'être seul. Quand on est en concert, on ne se parle pas beaucoup de toute façon", glisse Stéphane, 26 ans, de Lille. "Je vais aller voir Stephan Bodzince ce soir, si personne ne me suit, je m'en fous. J'ai déjà lâché un groupe de potes pour lui au Extrema Outdoor Belgium, ce ne sera pas la première fois" sourit Sam, Gantois de 26 ans. "Ca ne me rendait pas malheureux d'être seul, quand tu adores quelqu'un sur scène, tu oublies tes amis. Je n'ai pas pris mon smartphone ici. Qui m'aime me suive, après tant pis.""Ca nous arrive tout le temps, en fait. On a une pote qui était allée voir Cashemire Cat et qui nous avait lâchée hier soir", précise Ania, festivalière originaire de St-Nicolas. "Là maintenant, on a une copine qui est à L'Or du Commun. A Werchter, c'était pareil pour Caribou." Son groupe de six copines en goguette se marre d'une seule voix lorsqu'on lui demande où sont leurs petits amis. "Ils sont restés à la maison, on est venues seules! Franchement, on a rien contre mais ils ne savent pas rester avec nous", sourit Helen, l'une d'entre elles. Sur le point de se battre avec un festivalier qui essaye de lui voler son accessoire fétiche, Franck, 24 ans, homme parasol originaire d'Utrecht souligne que "Parfois, ta gonzesse ne veut pas aller devant pendant le concert, c'est lourd. Il y a aussi les moments où tu veux rester à un concert et où elle veut rentrer au camping."Enfin, gare aux effets de couples dans les groupes. "Dour a déjà achevé un couple d'amis à la relation boiteuse", souligne Yannick, 45 ans d'Ixelles. "Tout le festival a été une succession de moments de tensions et de crises. Ca mettait tout le monde mal à l'aise."