Né à Liège, en 1956, l'entrepreneur-financier Eric de Lamotte est décédé ce lundi soir, "terrassé par un cancer aussi brutal que violent", ont annoncé ses proches. Il était de ceux capables de déplacer des montagnes. Ou de créer un festival de musique, baptisé Amani, au coeur du Kivu, à Goma, dans l'Est du Congo. Ce qui revient à peu près au même.

Diplômé d'HEC-ULg, l'homme débarque dès 1984 dans ce qui s'appelle encore le Zaïre. Il travaille alors pour le compte de la banque Belgolaise et se retrouve notamment envoyé à Goma. Il tombera amoureux de la ville et de la région dont il ne restera jamais éloigné très longtemps. C'est ainsi qu'en 1994, suite au génocide au Rwanda, il y crée l'asbl En avant les enfants, pour aider les habitants de la ville dont la moitié est alors constituée de réfugiés. Plus tard, il lancera également une entreprise de microcrédit, ou ouvrira une petite agence de tourisme. Surtout, il se mettra en tête d'organiser un festival de musique, célébrant la paix (Amani en swahili) et la réconciliation. Et cela dans ce qui reste l'un des coins les plus secoués du pays. Une vrai pétaudière même.

Eric de Lamotte, ici avec Habib Koité en 2015, Michel De Bock
Eric de Lamotte, ici avec Habib Koité en 2015 © Michel De Bock

Prévue en 2013, la première édition devra d'ailleurs être reportée, Goma étant alors pilonnée par les rebelles du M23. Un an plus tard, Amani verra pourtant bien le jour, réunissant vedettes locales et stars africaines, autour d'un même message de fraternité. Quand nous nous y rendons pour la deuxième édition en 2015, Habib Koité et Tiken Jah Fakoly trônent ainsi au sommet de l'affiche - pas mal pour un événement dont le prix d'entrée est limité à un dollar. On avait alors pu rencontrer Eric de Lamotte, profil d'acteur hollywoodien à la Peter O'Toole, verbe mitraillette, et optimisme increvable. Assez fin que pour zigzaguer entre les mondanités et les obligations protocolaires congolaises, et préserver ainsi une improbable neutralité politique - y compris quand un bénévole du festival se retrouve en prison pour ses activités militantes. Assez ferme cependant que pour ne laisser personne faire capoter son projet - quand un sponsor rechigne à tenir sa promesses par exemple. En février dernier, le festival Amani a ainsi encore rassemblé pendant trois jours quelque 30.000 personnes...

>> (Re)lire notre reportage au festival Amani en 2015: Goma, envers et contre tout, ainsi que notre interview croisée d'Eric de Lamotte et Pitcho, à l'occasion de ce qui aurait dû être la première édition du festival, en 2013.

Né à Liège, en 1956, l'entrepreneur-financier Eric de Lamotte est décédé ce lundi soir, "terrassé par un cancer aussi brutal que violent", ont annoncé ses proches. Il était de ceux capables de déplacer des montagnes. Ou de créer un festival de musique, baptisé Amani, au coeur du Kivu, à Goma, dans l'Est du Congo. Ce qui revient à peu près au même.Diplômé d'HEC-ULg, l'homme débarque dès 1984 dans ce qui s'appelle encore le Zaïre. Il travaille alors pour le compte de la banque Belgolaise et se retrouve notamment envoyé à Goma. Il tombera amoureux de la ville et de la région dont il ne restera jamais éloigné très longtemps. C'est ainsi qu'en 1994, suite au génocide au Rwanda, il y crée l'asbl En avant les enfants, pour aider les habitants de la ville dont la moitié est alors constituée de réfugiés. Plus tard, il lancera également une entreprise de microcrédit, ou ouvrira une petite agence de tourisme. Surtout, il se mettra en tête d'organiser un festival de musique, célébrant la paix (Amani en swahili) et la réconciliation. Et cela dans ce qui reste l'un des coins les plus secoués du pays. Une vrai pétaudière même. Prévue en 2013, la première édition devra d'ailleurs être reportée, Goma étant alors pilonnée par les rebelles du M23. Un an plus tard, Amani verra pourtant bien le jour, réunissant vedettes locales et stars africaines, autour d'un même message de fraternité. Quand nous nous y rendons pour la deuxième édition en 2015, Habib Koité et Tiken Jah Fakoly trônent ainsi au sommet de l'affiche - pas mal pour un événement dont le prix d'entrée est limité à un dollar. On avait alors pu rencontrer Eric de Lamotte, profil d'acteur hollywoodien à la Peter O'Toole, verbe mitraillette, et optimisme increvable. Assez fin que pour zigzaguer entre les mondanités et les obligations protocolaires congolaises, et préserver ainsi une improbable neutralité politique - y compris quand un bénévole du festival se retrouve en prison pour ses activités militantes. Assez ferme cependant que pour ne laisser personne faire capoter son projet - quand un sponsor rechigne à tenir sa promesses par exemple. En février dernier, le festival Amani a ainsi encore rassemblé pendant trois jours quelque 30.000 personnes...